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Pitié-Salpêtrière: un manifestant interpellé rejette la théorie d'une "intrusion" volontaire

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Le sexagénaire a détaillé les circonstances dans lesquelles il s'est retrouvé avec d'autres sur la passerelle qui menait à la porte bloquée par le personnel hospitalier.

Un homme de 67 ans, interpellé le 1er mai sur la passerelle menant au service de réanimation de la Pitié-Salpêtrière, a rejeté la théorie d'une "intrusion" volontaire dans l'hôpital parisien. Selon lui, les manifestants ont été acculés par les forces de l'ordre.

"Une escouade de CRS" a forcé les manifestants à entrer "à l'intérieur" de l'enceinte de l'hôpital, il ne s'agissait "pas d'une intrusion", a affirmé Jacques Leleu, qui s'est retrouvé parmi les 31 personnes placées en garde à vue mercredi et toutes relâchées jeudi soir.

Mercredi soir, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait dénoncé une "attaque" visant l'établissement hôspitalier, des propos qui ont provoqué une vive polémique après la diffusion de vidéos et témoignages appuyant la version d'un mouvement de panique. Face à la polémique, le ministre a été contraint ce vendredi de revenir sur ses propos, en estimant qu'il aurait dû utiliser le terme d'"intrusion violente".

"La police a canardé, chargé"

Le sexagénaire, que l'on aperçoit sur une vidéo tournée par des soignants depuis l'intérieur du service de réanimation, a détaillé les circonstances dans lesquelles il s'est retrouvé avec d'autres sur la passerelle qui menait à la porte bloquée par le personnel hospitalier.

"On était sur le boulevard, massés depuis quelques minutes. Puis la police a canardé, chargé. Je me suis retrouvé devant ces grilles, elles étaient grande ouvertes, à l'entrée d'une cour où les voitures rentrent", décrit Jacques Leleu, qui manifestait avec la CGT. "Je ne suis rentré d'abord que quelques mètres, et quand la densité des gaz était à nouveau respirable, au bout de quelques minutes je suis ressorti. Et là, il y a une escouade de CRS qui nous reflue à l'intérieur".

Là, le groupe avec lequel Jacques Leleu se trouvait "a dû emprunter l'escalier métallique qui se terminait sur une passerelle", explique-t-il, dénonçant "une violence gratuite devant des gens calmes". "Certains d'entre nous avaient très très peur. Quand on comprend que c'est une salle de réanimation, on ne rentre pas", ajoute Jacques Leleu. Puis, les policiers les "ont obligés à [s']allonger face contre terre sur les pelouses, ceinturés par 20 ou 30 CRS", avant de les faire "monter dans un autocar", relate-t-il.

Cyrielle Cabot avec AFP