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Pierre Estoup conteste l'escroquerie dans le dossier Tapie

Pierre Estoup, une des cinq personnes mises en examen dans l'affaire de l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie dans son contentieux avec le Crédit Lyonnais, conteste le chef d'"escroquerie en bande organisée" retenu à son encontre. /Photo d'archives

Pierre Estoup, une des cinq personnes mises en examen dans l'affaire de l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie dans son contentieux avec le Crédit Lyonnais, conteste le chef d'"escroquerie en bande organisée" retenu à son encontre. /Photo d'archives - -

PARIS (Reuters) - Pierre Estoup, une des cinq personnes mises en examen dans l'affaire de l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie dans son...

PARIS (Reuters) - Pierre Estoup, une des cinq personnes mises en examen dans l'affaire de l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie dans son contentieux avec le Crédit Lyonnais, conteste le chef d'"escroquerie en bande organisée" retenu à son encontre.

Dans un communiqué diffusé dimanche par ses avocats, l'ex-arbitre se plaint également du traitement différencié auquel il est soumis par rapport aux deux autres personnalités qui avaient été désignées pour rendre cet arbitrage.

Outre Bernard Tapie et Pierre Estoup, sont en examen Stéphane Richard, PDG d'Orange et ex-directeur de cabinet de la ministre de l'Economie de l'époque, Christine Lagarde ; Jean-François Rocchi, ancien président du Consortium de réalisation (CDR), structure chargée de liquider le passif du Lyonnais et Maurice Lantourne, avocat de Bernard Tapie.

Pierre Estoup conteste les accusations de partialité et estime que la qualification d'"escroquerie en bande organisée prêterait à rire" si elle ne salissait son honneur.

"Le dossier est vide de toute infraction (...) et il n'existe aucun des éléments légalement requis pour constituer le délit d'escroquerie", dit-il dans son communiqué. Il s'étonne ainsi de l'absence d'incrimination de recel.

Or, a dit à Reuters son avocat Renaud Bertin, "on ne voit pas comment l'Etat peut être recevable à se porter partie civile pour une escroquerie dont il est le receleur principal".

Pierre Estoup dénonce une "instrumentalisation évidente de la justice" pour des raisons politiques et rappelle que l'arbitrage a été rendu en 2008 à l'unanimité des trois arbitres -lui-même, Pierre Mazeaud et Jean-Denis Bredin.

"C'est une décision collective dont chaque arbitre répond pour le tout", souligne-t-il. Manière de s'étonner implicitement d'être le seul des trois mis en cause et en examen.

"On ne comprend pas pourquoi il y a un traitement différencié entre les arbitres puisque la décision a été prise à l'unanimité", souligne Me Renaud Bertin.

Les enquêteurs soupçonnent notamment Pierre Estoup, magistrat à la retraite de 86 ans, de liens professionnels anciens avec Me Maurice Lantourne, ce qui pourrait jeter le doute sur l'impartialité de l'arbitrage.

Celui-ci a notamment permis à l'homme d'affaires de recevoir 45 millions d'euros à titre de préjudice moral.

Emmanuel Jarry, édité par Bertrand Boucey

dossier :

Affaire Tapie