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Philippe Tesson visé par une enquête  pour provocation à la haine

Philippe Tesson à Paris le 13 mars 2012.

Philippe Tesson à Paris le 13 mars 2012. - Jacques Demarthon - AFP

Le parquet de Paris a ouvert une enquête, après les propos du journaliste du Point sur "les musulmans qui amènent la merde".  Une plainte avait été déposée.

Les ennuis se poursuivent pour Philippe Tesson. Le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête pour provocation à la haine visant le journaliste et chroniqueur de 86 ans, après ses propos sur "les musulmans qui amènent la merde", a-t-on appris de source judiciaire.

L'ancien patron du Quotidien de Paris avait tenu ses propos sur l'antenne d'Europe 1 mardi, quelques jours après les attentats commis par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly. "D'où vient le problème? D'où vient le problème de l'atteinte à la laïcité, sinon des musulmans? On le dit ça? Moi je le dis", avait-il d'abord lancé, dans cette émission animée par Jean-Marc Morandini.

"Pas d'excuses, une sanction"

Devant les réactions de ses interlocuteurs, le ton était encore monté d'un cran: "c'est pas les musulmans qui amènent la merde? Il faut le dire", avait insisté le chroniqueur. Alors qu'on lui répondait qu'il fallait viser les fanatiques, et non les musulmans en général, Philippe Tesson a répondu: "les fanatiques revendiquent l'islam donc ils sont musulmans".

A la suite de ces propos, un Parisien avait décidé de porter plainte dans un commissariat de l'île Saint-Louis pour "incitation à la haine raciale". Son objectif, selon lui, n'est "pas d'obtenir des excuses, mais une sanction", avait rapporté Le Parisien.

Tesson reste chroniqueur au Point

De leur côté, certains responsables politiques n'ont pas manqué de réagir. Cécile Duflot avait ainsi dénoncé, sur Twitter, "les propos abjects et l'islamophobie puante" de Philippe Tesson. Rachida Dati, défendant sur BFMTV "quelqu'un de très intelligent pour lequel (j'ai) beaucoup de respect", avait toutefois reconnu dans ces propos "une injure".

Voyant la polémique enfler, Philippe Tesson avait expliqué comprendre "que cela ait pu en blesser certains. Je le regrette mais j'ai toujours dit les choses de manière très crue", avait-il expliqué au Parisien pour justifier son comportement.

L'enquête du parquet de Paris a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a précisé la source judiciaire. Le directeur de publication du Point, Etienne Gernelle, avait déclaré vendredi qu'il n'avait "pas du tout l'intention" de se séparer de Philippe Tesson, chroniqueur au Point de très longue date, démentant ainsi des rumeurs dans la presse professionnelle.

A. K.