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Pédophilie: l'Eglise a couvert 32 agresseurs religieux ou laïcs selon Mediapart

Vingt-cinq évêques ont selon Mediapart couvert des crimes pédophiles depuis les années 60 jusqu'à maintenant.

Vingt-cinq évêques ont selon Mediapart couvert des crimes pédophiles depuis les années 60 jusqu'à maintenant. - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Mediapart affirme que 25 évêques, dont 5 toujours en poste, ont couvert 32 auteurs d'abus sexuels qui ont sévi sur 339 victimes présumées.

Le nombre de victimes présumées d'abord: 339, dont 288 mineurs de moins de 15 ans. Le nombre d'agresseurs et ceux qui ne les ont pas signalés ensuite: respectivement 32 prêtres, religieux ou laïcs couverts par 25 évêques. Enfin, la période couverte, soit depuis les années 60 jusqu'à janvier 2017, l'enquête publiée lundi par Mediapart est hors norme. Les journalistes indépendants du collectif We Report qui l'ont mené ont, précision utile, retenu tous les cas, y compris les affaires classées sans suite, car prescrites. Au total, "165 victimes ont été retenues par la justice". Sur 93 diocèses examinés, 14 sont concernés par ces faits.

Pour retracer ces 32 abus sexuels sur mineurs ou majeurs en France ou à l'étranger (les auteurs sont des clercs français), les investigateurs se sont appuyés "sur des centaines de documents, archives de presse, lettres manuscrites, annuaires, rapports judiciaires et témoignages". Le tout a été compilé avec méthode sous la forme d'une base de données. Ce travail prendra aussi la forme d'un livre de témoignages, Eglise, la mécanique du silence (JC Lattès). L'émission de France 2 "Cash Investigation", qui a participé à l'enquête, diffusera mardi soir un documentaire consacré au sujet.

Cinq des évêques sont toujours en poste

Si certains faits sont donc anciens, seize de ces cas ont en revanche eu lieu après l'an 2000. Le site indique que la "majorité des agresseurs ont été par la suite inquiétés par la justice, condamnés, placés sous enquête préliminaire, ou font l'objet d'un mandat d'arrêt ou d'une mis en examen pour les affaires en cours". Mais il ajoute qu'un nombre important d'évêques, dont le cardinal et archevêque de Lyon Mgr Barbarin, ont eu connaissance des crimes, mais ne les ont, pour les trois quarts d'entre eux, pas dénoncés. Rappel, en dépit du secret confessionnel, la loi oblige pourtant ceux qui en ont connaissance à dénoncer les maltraitances et atteintes sexuelles sur mineurs. Ainsi, cinq évêques qui sont toujours en exercice font partie de ceux qui ont couvert ces abus.

L'absence de dénonciation de crime s'est même accompagnée le plus souvent de mesures visant à les cacher. "Sur les 32 clercs concernés que nous avons recensés, 28 ont été déplacés géographiquement dès que des évêques ou des religieux ont été avisés", précise l'article.

David Namias