BFMTV

Pédophilie dans l'Eglise: 87% des catholiques en faveur d'une commission d’enquête

La communauté catholique réclame des explications sur les accusations de crimes pédophiles qui planent au-dessus de l’Église.

Des hommes d'Eglises seront-ils un jour auditionnés par des parlementaires sur le fléau des abus sexuels commis par le clergé? C'est du moins le vœu de 9 catholiques sur 10, selon un sondage réalisé pour le magazine Témoignage Chrétien publié ce mardi et révélé par Le Parisien.

L'impulsion a été donnée le 30 septembre par un appel du magazine couplé à une pétition en ligne pour "la création d’une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la transparence sur les crimes de pédophilie et leur dissimulation dans l’Église catholique". 

Signée par des personnalités religieuses, d'ex-ministres, des avocats et des victimes, le manifeste réunit déjà plus de 30.000 soutiens. 

Sondage et pétition offrent un résultat sans appel. Au sein de la communauté catholique, 87% des catholiques et 90% des pratiquants sont favorables à la création d'une commission d'enquête parlementaire, indique Le Parisien. Toute confession mise à part, les Français sont à une très large majorité (88%) pour la mise en place d'une telle commission. Précisément, les 65 ans et plus sont les plus demandeurs avec 90% de réponses positives, contre un peu plus de 80% chez les moins de 25 ans.

Demande de commission d'enquête déposée au Sénat

D'un point de vue politique, toutes les sensibilités approuvent la démarche. Les électeurs de La France insoumise la plébiscitent à 94%, devant ceux de La République en marche (92%), du Rassemblement national (88%), de Les Républicains (88%) et du Parti socialiste (85%).

Ce mardi, Patrick Kanner, chef de file des sénateurs socialistes, a annoncé qu'une demande officielle pour la création d'une commission d'enquête parlementaire avait été déposée. Pour le socialiste, une telle séance permettrait de "faire toute la lumière sur ce scandale qui, malheureusement, vient gâcher l'image de l'Église". Par ailleurs, les victimes pourraient "s'exprimer en toute indépendance", a-t-il défendu. Si la résolution est adoptée, le Sénat prendra le contre-pied de l'Assemblée nationale dont le président, Richard Ferrand (LREM), avait fermé la porte à l'idée de créer lui-même une commission d'enquête parlementaire sur le sujet.

Ambre Lepoivre