BFMTV

Patient amputé à cause d’une compresse oubliée: son chirurgien condamné à 6 mois avec sursis

Une opération chirurgicale.

Une opération chirurgicale. - BFMTV

La victime, aujourd’hui âgée de 61 ans, était entrée au bloc pour une opération du cœur. A cause d’une compresse oubliée avant d'être recousu, l'homme a dû être amputé des deux jambes. Accusé de négligence, le chirurgien a été condamné à six mois de prison avec sursis.

Les magistrats ont retenu la "négligence". Mercredi, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné un chirurgien cardiaque, poursuivi pour "blessures involontaires", à six mois de prison avec sursis. La cour a estimé que le praticien, âgé de 51 ans, avait fait preuve de "désinvolture" au cours d’une intervention chirurgicale qui a mal tourné, rapporte Sud-Ouest.

Le 4 février 2011, un conducteur de bennes est conduit au bloc pour se faire opérer du cœur. Au terme de cinq heures d’intervention, le chirurgien passe le relais à son équipe médicale. Rapidement, les soignants se rendent compte qu’il manque une compresse et préviennent le chirurgien. Celui-ci leur enjoint de réaliser une échographie de l’œsophage pour tenter de la localiser. En vain. Sans prendre le soin de retourner dans la salle d’opération, le praticien commande à son équipe de recoudre le patient afin d’éviter un risque d’infection.

"Désinvolture"

Finalement, cette compresse oubliée a entraîné des complications et une amputation des deux jambes du patient, aujourd’hui âgé de 61 ans. Pour le tribunal, les recherches requises par le chirurgien ont été insuffisantes. Celui-ci aurait dû opter pour une échographie doppler, un examen en deux dimensions qui permet d'explorer les flux sanguins dans le cœur et les veines, ont estimé les experts. Par ailleurs, le fait de ne pas être retourné au bloc fait preuve, selon les magistrats, d’une "certaine désinvolture".

Récusant cet argument, l’avocate de la défense a invoqué une défaillance dans "le système du décompte des compresses et de prise en charge en réanimation". Mais cette thèse n’a pas réussi à convaincre la cour qui a prononcé une peine deux fois plus importante que les trois mois de sursis requis par le parquet. Le chirurgien, qui exerce à ce jour dans une clinique privée de Bordeaux, dispose de dix jours pour faire appel.

Ambre Lepoivre