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Pascal Fauret, pilote d'"Air Cocaïne": "mon réflexe c'est de rentrer dans mon pays"

Pascal Fauret, l'un des pilotes condamné dans l'affaire "Air cocaïne" et de retour en France s'est exprimé ce mardi. Il a dit souhaiter s'expliquer devant la justice française.

"Je n'ai pas encore touché terre", raconte Pascal Fauret. Quelques heures après son retour en France, l'un des deux pilotes exfiltré de République dominicaine s'est exprimé devant la presse. En présence de ses avocats, il a toutefois refusé de détailler l'opération qui lui a permis, avec Bruno Odos, de rejoindre la France.

Mais Pascal Fauret justifie son exfiltration: "A partir du moment où l'on a affaire à une justice qui ne fait pas d'enquête, qui ne nous écoute pas, et qui nous condamne à 20 ans pour la seule raison qu'on est Français (...) moi mon réflexe c'est de rentrer dans mon pays", a-t-il dit.

Après son exfiltration, Pascal Fauret explique qu'il est "très fatigué", conscient qu'"il y a des épreuves à venir".

Une initiative "personnelle"

Ses avocats ont répété à plusieurs reprises que Pascal Fauret et Bruno Odos "ne sont pas en fuite". "Ils sont à la disposition de la justice. Il suffit de leur donne une date pour que nous nous rendions à la convocation qui sera délivrée" a déclaré Eric Dupont-Moretti. En France, un juge d'instruction de Marseille est en charge de l'enquête.

Pascal Fauret assure que son évasion est une "initiative personnelle". "Cette décision, je l'ai prise après le verdict du 15 août", raconte-t-il. Son avocat appuie cette évasion. Pour Eric Dupont-Moretti, les deux pilotes ont "bien fait" de s'enfuir et confirme que le Quai d'Orsay n'est pour rien dans leur exfiltration. "Ce n'est pas une équipée barbouzarde qui aurait été payée par l'Etat français", assure Eric Dupont-Moretti.

"Ce n'était pas un vol de copains"

Deux autres Français impliqués dans l'affaire restent en République dominicaine. Pascal Fauret rejette l'idée d'un manque de solidarité vis-à-vis d'eux. "Depuis le départ on a été noyés par la dénomination, "les quatre Français" mais c'était pas un vol de copains, explique le pilote. Moi j'étais venu dans le cadre de mon travail, à un moment donné j'ai géré ma vie".

Eric Dupont-Moretti appuie son client. "Ce n'est pas parce que ces deux-là sont dans le malheur, qu'ils sont de quelque façon responsables. Si ces deux autres sont dans le malheur, c'est parce qu'ils ont été condamnés par une justice à ce point singulière". L'avocat rejette toute tentative de "culpabilisation" à l'égard des deux pilotes. Resté en République dominicaine, Nicolas Pisapia, le passager du vol craint lui d'être incarcéré de nouveau.

Carole Blanchard