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Paris: un camp de 400 Roms évacué porte de Clignancourt

Un campement rom installé dans le nord de Paris a été évacué mercredi matin. Une grande partie des habitants - jusqu'à 400 personnes y ont vécu - avaient déjà quitté les lieux.

Un campement où vivaient jusqu'à récemment près de 400 Roms, installés depuis juin sur les rails désaffectés de la "Petite ceinture" dans le nord de Paris, a été évacué mercredi matin.

L'opération, dans ce bidonville installé entre les portes des Poissonniers et Clignancourt, dans le 18e arrondissement, a débuté à 7h15. Elle s'est achevée une heure et demie plus tard, avec, selon la préfecture de la région Ile-de-France, 80 personnes conduites en bus vers des centres d'hébergement.

L'évacuation faisait suite à une décision de justice, saisie par SNCF Réseau qui est propriétaire du terrain. Les services de la préfecture de police de Paris avaient dénombré 135 cabanons où vivaient des familles dans des conditions d'hygiène précaires et avec des moyens de chauffage rudimentaires, laissant craindre des risques d'incendie.

Déploiement de CRS

Alors que le jour n'était pas encore levé, quelques dizaines de personnes, leurs maigres possessions sous le bras, grimpaient dans des bus qui devaient les conduire vers des centres d'hébergement. "On est Européens, pourquoi on n'a pas de droits?", demande l'un d'eux.

Des CRS s'étaient déployés autour du camp, constitué d'une centaine de cabanes faites de planches de bois et de matériaux de récupération.

De nombreux occupants avaient déjà quitté les lieux

Il ne restait mercredi matin qu'une petite partie des habitants de ce campement, qui en a compté jusqu'à 400. Les personnes qui y vivaient vivaient eu vent de l'évacuation il y plusieurs heures et étaient donc nombreuses à avoir déjà quitté les lieux, selon notre journaliste sur place Igor Sahiri et l'association Romeurope.

"Une grande partie des habitants du bidonville sont partis pour mettre à l'abri leurs biens et reconstituer un nouveau campement. C'est un schéma habituel, c'est toujours plus facile d'expulser plutôt que de trouver des solutions durables. C'est l'expulsion qui pérennise les bidonvilles depuis 25 ans", considère Manon Fillonneau, du collectif RomEurope.

173 "personnes vulnérables" dont 8 enfants scolarisés avaient été recensées lors d'un diagnostic sanitaire la semaine dernière, selon la préfecture d'Ile-de-France, qui fait état de quatre cas de tuberculose.

Selon un récent rapport associatif, plus de 11.000 Roms ont été évacués de force de leurs campements en France en 2015, avec peu de solutions de relogement à la clé.

V.R. avec AFP