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Paris: près des gares, auprès des sans-abri, comment s'organisent les contrôles de respect du confinement

BFM Paris a pu suivre une patrouille de police chargée de faire respecter le confinement dans le 10e arrondissement. Avec trois hôpitaux et deux gares, l'arrondissement rassemble de nombreuses personnes vulnérables.

Dans certains quartiers de Paris, la police a parfois du mal à faire respecter les mesures de confinement. C'est notamment le cas du 10e arrondissement de la capitale où vivent de nombreuses personnes vulnérables et sans-abri. Des policiers de la brigade de soutien des quartiers ont ainsi été appelés pour renforcer les effectifs sur le terrain. Comme leurs collègues, ils arpentent les rues pour contrôler les habitants. 

Absence d'attestation de déplacement, inexistence des horaires, motif de sortie mensonger... Les contrôles se multiplient et les procès verbaux sont nombreux aux abords de lieux qui drainent un nombre important de personnes, comme les gares du Nord et de l'Est et trois hôpitaux, même par temps de confinement. 

"On a des infirmiers et médecins dans la galère, qui prennent des risques, et à côté de ça, on a des incivilités pures. C'est même de la bêtise", déplore l'un des policiers en patrouille dans l'arrondissement au micro de BFM Paris.

De la pédagogie auprès des populations sensibles

Dans ces quartiers où les forces de l'ordre croisent de nombreux sans-abri ou toxicomanes, notamment en raison de la présence polémique d'une salle de shoot, les agents doivent avant tout faire preuve de pédagogie pour s'adresser à ces personnes vulnérables. Et ce sans forcément leur délivrer d'amende, au regard de leur situation déjà très compliquée.

À la nuit tombée, "il ne reste plus que les gens démunis, toute la misère sociale qu'on voit déjà en journée transpire encore plus", explique une policière. "Il s'agit juste de réguler un peu, d'aller voir ces gens, qu'ils appliquent un minimum les règles de confinement tant bien que mal, comme ils le peuvent."

Si les policiers font parfois face à des interlocuteurs récalcitrants, ils sont tout de même nombreux à comprendre la démarche des agents qui tentent de faire respecter les mesures de confinement et de distanciation liées au coronavirus.

"Bien évidemment, qu'on les comprend. Ils ne viennent pas nous voir qu'une fois dans la journée, ils viennent nous voir seize fois!", témoigne un sans-abri à BFM Paris. Et ils ont totalement raison. On comprend le confinement, mais comme on est à la rue, on essaye de s'en sortir avec les peu de moyens qu'on a."

Contrôles et pédagogie, c'est désormais le quotidien de nombreux policiers dans la capitale. Durant leur vacation de 8 heures, la radio de l'équipe d'agents suivie par BFM Paris n'a sonnée qu'une seule fois.

Juliette Mitoyen