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Paris: 5 suspects mis en examen pour le meurtre d'une prostituée trans au bois de Boulogne

Vanesa Campos a été tuée au Bois de Boulogne.

Vanesa Campos a été tuée au Bois de Boulogne. - Lionel Bonaventure - AFP

Vanesa Campos, âgée de 36 ans, a été tuée d'une balle dans le thorax alors qu'elle tentait de défendre un client.

Cinq suspects ont été mis en examen et écroués pour le meurtre de Vanesa Campos, une prostituée transgenre tuée dans la nuit du 16 au 17 août dans le Bois de Boulogne, rapporte une source judiciaire ce lundi.

Agée de 36 ans, Vanesa Campos a succombé à une blessure par balle au thorax alors qu'elle tentait de défendre un de ses clients, que plusieurs hommes voulaient dépouiller. Huit personnes avaient été interpellées le 21 août et cinq d'entre elles ont été mises en cause dans le cadre de cette enquête confiée à la bridage criminelle de la police judiciaire, pour "meurtre commis en bande organisée" et "vols en réunion avec dégradations".

Une responsabilité "politique"

Sa mort a suscité l'indignation parmi les travailleurs du sexe et dans la communauté LGBT. Vendredi 24 août, plusieurs centaines de personnes lui ont rendu hommage à Paris. Roses blanches à la main, le cortège parti de la porte Dauphine pour rejoindre l'endroit où elle a été tuée dans le bois de Boulogne a dénoncé une responsabilité "politique".

Associations et manifestants ont fustigé l'adoption de la loi d'avril 2016 sur la prostitution pénalisant les clients, qui s'exposent à une amende allant de 1.500 à 3.750 euros. Pour ses détracteurs, cette mesure a fait baisser les revenus des prostituées et les oblige à exercer leur métier dans des endroits plus isolés, les mettant davantage en danger.

Alors que les associations dénonçaient le silence du gouvernement depuis ce meurtre, le secrétariat d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes a tweeté vendredi un message de condoléances de Marlène Schiappa adressé aux proches de la victime. "Toutes les femmes doivent être protégées des violences sexistes et sexuelles, toutes ces violences doivent être condamnées", a déclaré la secrétaire d'Etat.

Charlie Vandekerkhove avec AFP