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Normandie: pour financer leur départ au jihad, trois jeunes hommes voulaient cambrioler un manoir

Le logo de la DGSI - Image d'illustration

Le logo de la DGSI - Image d'illustration - AFP

Ils risquent jusqu'à dix ans d'emprisonnement.

Les faits remontent à décembre 2016. En cette période-là, les agents de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) suspectent trois jeunes hommes, Norman L., Nassim B. et Sami L. de préparer leur départ en zone irako-syrienne pour rejoindre les rangs de Daesh souligne Le Parisien. Placés sous surveillance accrue des policiers, leurs appartements et véhicules ont notamment été sonorisés, ces derniers ont fomenté, pendant plusieurs semaines, un invraisemblable plan afin de financer leur voyage. 

Interpellés avant d'avoir pu passer à l'acte et actuellement en détention provisoire, tous deux avaient pour projet de cambrioler le manoir de Portejoie dans l'Eure, une bâtisse utilisée pour les mariages et réceptions et qui cacherait, selon une hypothèse invérifiable, un coffre-fort secret. 

"Il y a un manoir, il a coûté sept millions d’euros. Il est obligé d’avoir un montant minimum dans son coffre" explique l'un des suspects dans une conversation récupérée par les policiers. 

Radicalisation

Malgré le manque d'éléments permettant d'étayer leur théorie, ils vont tenter de louer une arme et de passer à l'acte. A plusieurs reprises, ils ont été surpris, circulant à faible vitesse aux alentours du manoir. Plus tard, les policiers sont appelés par des riverains qui avaient surpris les deux hommes s'enfonçant dans les bois attenants la propriété. 

Là, ils fouillent plusieurs cabanons et repèrent plusieurs lieux où ils pourraient enterrer leur potentiel butin. Finalement, ils ne pourront jamais mettre leur plan à exécution et seront appréhendés par les officiers de la DGSI.

Les semaines avant leur interpellation, leur profil de plus en plus radicalisé inquiétait les policiers. Toujours selon Le Parisien, ils passaient de nombreuses heures à regarder des vidéos d'exécution et à écouter des chants de Daesh. 

Jusqu'à 10 ans de prison

Devant le tribunal, les avocats des prévenus tentent de minimiser les agissements des trois jeunes hommes. "Rien n’est caractérisé. Cette affaire est le symptôme d’une jeunesse en quête d’identité, qui cherche à tout prix un moyen d’exister" souligne le conseil de Norman L. Pour les avocats, le projet de rejoindre le camp de Daesh n'était pas sérieux. Pour preuve, durant les écoutes, ils avaient émis le projet de se rendre en Syrie en "jet-ski." 

Le tribunal devrait rendre prochainement ses conclusions, les trois prévenus risquent jusqu'à dix ans de prison. 

Hugo Septier