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Syrie: la France veut rapatrier une partie des 150 enfants de jihadistes français

Près de 30 personnes ont été tuées dans des frappes aériennes de la coalition antijihadistes. Image d'illustration.

Près de 30 personnes ont été tuées dans des frappes aériennes de la coalition antijihadistes. Image d'illustration. - Ameer Alhalbi - AFP

Ces enfants ne pourront être rapatriés qu'avec l'accord de leurs mères, qui devront elle rester en Syrie. L'Etat français s'oppose à tout retour d'adultes, combattants ou épouses, sur le sol national.

La France a annoncé ce mercredi vouloir rapatrier une partie des quelque 150 enfants de jihadistes français signalés en Syrie dans les zones contrôlées par les Kurdes, embarrassés par l'épineuse question des combattants étrangers dont les Occidentaux ne veulent pas.

"On les rapatriera autant que possible à condition que la mère soit d'accord. On a commencé à regarder comment les choses peuvent se faire", a déclaré une source française sous couvert d'anonymat.

Des enfants de moins de six ans pour la plupart

Ces enfants, retenus dans le nord de la Syrie avec leurs mères dans des camps gérés par les militaires kurdes depuis l'effondrement de Daesh en 2017, ont été signalés sur place ou par les familles en France.

Seule une partie d'entre eux ont toutefois été identifiés et localisés avec précision, dans les zones kurdes, ouvrant la voie à un rapatriement, ajoute la source française citée, sans avancer de chiffres sur le nombre possible de retours. Les enfants ont pour la plupart moins de six ans et sont donc nés sur place. Les mères, elles, resteront en Syrie, souligne la source.

A l'instar de nombreux pays occidentaux qui ne souhaitent pas voir revenir sur le sol national des jihadistes, la France exclut tout retour d'adultes, combattants ou épouses, considérées comme des militantes de Daesh, au grand dam des avocats représentant les familles en France. "Ceux qui ont commis des délits ou des crimes en Irak et Syrie doivent être jugés en Irak et Syrie", martèle-t-on au ministère des Affaires étrangères.

Du cas par cas pour les mineurs

"L'exception c'est les mineurs, dont la situation sera examinée au cas par cas. On a un devoir particulier de sauvegarder l'intérêt supérieur de l'enfant", ajoute-t-on. Nombre d'observateurs ont relevé que les enfants risquaient en restant dans les camps de grandir dans un huis clos radicalisé, d'y être endoctrinés au contact des adultes et de devenir eux-mêmes à terme des "bombes à retardement".

Le rapatriement s'annonce toutefois très compliqué, le Kurdistan syrien n'étant pas un Etat reconnu par la communauté internationale, et Paris n'entretenant pas de relations diplomatiques avec Damas.

L'annonce du Quai d'Orsay a été fraîchement accueillie par les avocats des Françaises retenues en Syrie, qui dénoncent depuis le départ leur détention illégale, et dans de très mauvaises conditions sanitaires. "C'est scandaleux et hypocrite de la part du gouvernement français", a déclaré Me Bruno Vinay, avocat d'Emilie König, la plus connue des détenues françaises chez les Kurdes.

L'accord de leur mère

"La France laisse ces femmes seules face au choix inhumain de se séparer de leurs enfants. Vu que c'est tout ce qu'il leur reste, il est possible que seule une minorité accepte de s'en séparer", estime-t-il.

"Je ne comprends pas la manière dont cette affaire est gérée depuis le début. Le rapatriement de ces enfants sera d'autant plus douloureux qu'on a attendu 18 mois pour le faire", a de son côté affirmé Marie Dosé, avocate de plusieurs autres Françaises détenues là-bas.

Au total, une quarantaine de familles, mères et enfants, on été signalées en Syrie, selon la source française.

M. F. avec AFP