BFMTV

Nord: 12 ans requis contre une mère ayant affamé son nourrisson

La femme cachait le nourrisson et le nourrissait au yaourt.

La femme cachait le nourrisson et le nourrissait au yaourt. - AFP

Après avoir fait un déni de grossesse, cette trentenaire a caché le nourrisson à son mari et ses enfants.

Douze ans de prison ont été requis ce jeudi devant la cour d'assises du Nord contre une mère dont le nourrisson est mort de faim en 2015 à Saint-Pol-sur-Mer, dans l'agglomération de Dunkerque.

Le nourrisson caché et affamé

A 34 ans, Gwenaëlle Palussière avait fait un déni de grossesse, et l'avait cachée à son compagnon et ses deux enfants, avant d'accoucher seule dans sa salle de bains. Elle avait ensuite dissimulé le bébé dans son lit et l'avait nourri de yaourt, de compote et de camembert, selon ses enfants qui avaient fini par comprendre l'existence de l'enfant.

Son fils de 15 ans, qui avait retrouvé le nourrisson mort, avait alerté les secours début février. La mère est accusée d'avoir privé de soins et d'aliments son enfant au point d'avoir entraîné sa mort, un crime passible de 30 ans de prison.

"Elle joue à la poupée" 

"On dirait qu'elle joue à la poupée: elle laisse l'enfant dans sa chambre, elle ferme la porte, et cet enfant n'existe plus", a critiqué l'avocate générale Alexia Gonnet. "Elle l'investissait quand ça l'arrangeait, quand elle avait envie de jouer à la poupée".

"Quand la passivité et l'immobilisme coûte la vie à une enfant, quand les intérêts de Gwenäelle Palussière ont étouffé ceux de son enfant", l'avocate générale a dit être fondée à requérir 12 ans ans de prison.

Abandonnée par son père 

L'avocat de la défense, Bruno Dubout, a pour sa part rappelé l'enfance difficile de l'accusée: "Sa vie commence par un abandon, son père signe une déclaration d'abandon, ce qui est rare", a-t-il rappelé. "Puis un placement en famille d'accueil, et l'agrément de (celle qu'elle considère comme) sa seconde maman est retiré parce que son mari a commis un viol incestueux sur une enfant de la famille".

Après un second placement, au retour dans sa famille, sa mère lui assène "un coup de couteau dans la main", a raconté Bruno Dubout. "C'est le contact qu'elle a avec la maternité: abandons et violences. (...) Dès lors pour la mère, à cause de ces blessures d'enfance c'est impossible d'accepter la grossesse".

Les enfants de l'accusée à la barre

L'accusée, cheveux bruns mi-long sur des épaules tombantes, est souvent restée silencieuse face aux questions de la cour. "J'ai honte de ce qui s'est passé. (...) J'ai essayé de la nourrir, mais elle ne prenait pas le sein", a-t-elle toutefois lâché mercredi. Elle a aussi confié se sentir "coupable" d'avoir "tué quelqu'un".

Mercredi, les deux enfants de l'accusée ont témoigné à la barre: "Il y a une vie qui a été enlevée, celle de ma petite soeur. C'est une bêtise ce qu'elle a fait, mais ça restera ma mère", a dit l'aîné de 17 ans.

M. F. avec AFP