BFMTV

Nancy: deux responsables en garde à vue après le maintien de la marche pour le climat interdite

Rémi Heitz, le procureur de Paris s'exprime au lendemain de l'attaque à Strasbourg

Rémi Heitz, le procureur de Paris s'exprime au lendemain de l'attaque à Strasbourg - BFMTV

Lundi à Nancy, deux associations écologistes ont dénoncé "une dérive sécuritaire" après la garde à vue de deux responsables pour avoir maintenu une marche pour le climat malgré son interdiction.

Deux associations écologistes dénoncent lundi "une dérive sécuritaire" après la garde à vue samedi de deux responsables pour avoir maintenu la marche pour le climat à Nancy malgré son interdiction la veille par la préfecture.

Dans un communiqué, les Amis de la Terre et le Mouvement pour une alternative non-violente (MAN) ont dénoncé "une dérive sécuritaire de l'Etat et la privation du droit constitutionnel à manifester, qui plus est de façon non-violente et pour une cause d'intérêt général: la lutte contre les changements climatiques".

Une manifestation interdite

Le président des Amis de la Terre France, Florent Compain, et Denys Crolotte, membre du MAN, ont été placés en garde à vue samedi peu après 15h à l'issue de la marche pour le climat, au commissariat de Nancy. Ils ont été relâchés dimanche à 11h.

Le parquet a ouvert une enquête préliminaire "notamment pour établir le rôle qu'ont pu jouer les deux mis en cause qui, bien qu'ayant eu connaissance de l'arrêté d'interdiction à compter du vendredi, auraient incité au maintien" de la marche, a indiqué le procureur de la République à Nancy, François Pérain.

La préfecture de Meurthe-et-Moselle avait interdit vendredi la manifestation après le refus des organisateurs de la reporter.

La préfecture avait sollicité le report "compte tenu des appels à manifester des gilets jaunes, de la difficulté pour les pouvoirs publics de gérer plusieurs manifestations en même temps et des risques de heurts entre manifestants", a-t-elle expliqué.

"Articuler justice sociale et lutte contre les changements climatiques"

"Comme dans de nombreuses villes de France, un dialogue s'est amorcé avec les gilets jaunes sur la nécessité d'articuler justice sociale et lutte contre les changements climatiques" lors de la marche, prévue "depuis plusieurs mois", qui a rassemblé 1.500 personnes, ont précisé les deux associations. "La réalité est qu'aujourd'hui, les citoyens qui se mobilisent pour le climat et des gilets jaunes sont en train de créer de nombreux ponts et se rejoignent sur le même constat: pas de justice sociale ou climatique sans une réduction forte des inégalités", ont-elles ajouté.

Florent Compain et Denys Crolotte encourent "six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende", a rappelé François Pérain.

B.L. avec AFP