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Mutilations de chevaux: la piste humaine écartée par les enquêteurs dans la majorité des cas

Sur près de 460 cas avérés de mutilations sur des équidés, moins de cent sont l'oeuvre de la main humaine, selon les dernières conclusions des enquêteurs.

Les enquêtes concernant des chevaux mutilés dans plusieurs régions de France se sont multipliées à la rentrée, laissant s'installer une certaine inquiétude chez les éleveurs. La piste de personnes s'attaquant volontairement aux équidés a été plusieurs fois citée, mais sur les 460 faits avérés, seuls 86 ont pu être associés à une implication humaine, selon les informations du Figaro publiées dimanche.

"Ça met en lumière plusieurs choses, à savoir qu'il y a peut-être eu un emballement médiatique sur le phénomène, parce que ça touche l'humain, ça touche l'affectif, les animaux qui nous sont proches", déclare ce lundi sur BFMTV Jean-Luc Vernon, membre du bureau de la Fédération française d'équitation, qui s'est constituée partie civile dans cette affaire.

"Des cas avérés où la cause humaine a été prouvée"

Dans certaines déclarations de cas "il y a sans doute eu des comportements un peu irrationnels qui ont accusé l'humain sur certaines mutilations alors qu'il s'agissait d'accidents ou de blessures dans les patûres", explique-t-il, soulignant qu'il était possible que certains animaux soient attaqués par d'autres après une blessure, ou post-mortem.

Des séries de mutilations sur des chevaux avaient déjà été observées aux États-Unis et au Royaume-Uni, et l'intervention de charognards avaient finalement été retenue dans les enquêtes. Ces actes sont "le fait d'autres animaux, en particulier des renards aux dents acérés qui rappellent des coups de ciseaux", explique un rapport du FBI de 1975 déclassifié et consulté par l'AFP. En Allemagne, la piste d'un mystérieux "éventreur" reste en revanche sur la table.

"Il y a quand même des cas avérés où la cause humaine a été prouvée, attestée" en France, souligne Jean-Luc Vernon, ajoutant qu'il y a "encore une centaine d'enquêtes en cours, qui vont sans doute révéler l'intervention de l'humain dans certaines mutilations".

"Rester vigilant"

En ce sens, les éleveurs ont "raison de rester vigilants et de continuer à croire à l'intervention humaine et aux actes de barbarie perpétrés par des groupes ou des personnes sur ces chevaux", explique Jean-Luc Vernon. Le nombre de signalements pour des mutilations a diminué depuis la rentrée, mais "ça continue, avec moins d'intensité, mais ça continue", déclarait le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie mi-novembre.

"Dans pas mal de régions et de départements, des groupes se sont organisés, la gendarmerie aussi est très présente dans certains cas, surtout dans les régions isolées", rappelle le membre de la FFE. "Donc effectivement il y a plus de surveillance, plus de vigilance, ce qui limite les interventions individuelles sur ces chevaux mutilés".

Les raisons de ces dizaines d'attaques avec une implication humaine peuvent être multiples, continue Jean-Luc Vernon: "Ça peut être des vengeances personnelles, des groupes sectaires, des tas de raisons et pas forcément les mêmes dans chaque cas". Concernant les cas avérés, "il s'agit principalement de déviances sexuelles avec des actes de zoophilie", assure le ministère de l'Intérieur au Figaro.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV