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Chevaux mutilés: alarmes, vidéosurveillance, rondes... comment les éleveurs se parent contre les agressions

Un cheval a été abattu d'une balle dans la tête, en Grande-Bretagne, après un différend financier portant sur une somme dérisoire de 37,8 euros. (Photo d'illustration)

Un cheval a été abattu d'une balle dans la tête, en Grande-Bretagne, après un différend financier portant sur une somme dérisoire de 37,8 euros. (Photo d'illustration) - Nicholas Kamm - AFP

Alors que les attaques de chevaux se multiplient depuis le début du mois d'août, les propriétaires d'équidés s'équipent pour éviter de nouveaux drames. Mais cela ne suffit pas à calmer l'inquiétude.

"Fatigués", "usés", "sur les nerfs"... Le mystère des chevaux mutilés ronge les propriétaires d’équidés qui tentent de protéger leurs animaux par tous les moyens. Après l’agression de l’une de ses juments - coupée à l’oreille - dans la nuit du 25 au 26 août, le gérant de l’écurie des Parriauds, à Saint-Eusèbe en Saône-et-Loire, a décidé de s’équiper pour éviter un nouveau drame.

"On a fait installer une alarme et des capteurs extérieurs de présence qui prennent automatiquement des photos en cas de mouvements. Le système appelle directement la gendarmerie s’il y a une intrusion", explique Thomas Degres contacté par BFMTV.com.

Une surveillance de tous les instants

Le gérant du centre équestre fait également des rondes toutes les nuits pour surveiller ses chevaux, dont sept dorment encore dans le pré faute de places dans les boxs. A plus de 800 km de là, dans le Morbihan, les propriétaires des attelages de Tro Coet ont également pris des mesures depuis que leur jument a été mutilée et tuée dans la nuit de mardi à mercredi dans un pré.

"La veille de l’attaque, on avait préparé des panneaux pour dire ‘attention site sous vidéosurveillance’. On n’a pas de caméras mais on voulait dissuader les intrus. On comptait les installer le lendemain, finalement on a été pris de court…", nous raconte Sven Abrassart, le fils des propriétaires du centre équestre.

Comme Thomas Degres, il passe ses nuits à veiller sur les chevaux. "Je n’ai presque pas dormi hier", raconte-t-il épuisé. "Nos prés sont isolés alors, pour la nuit, on déplace désormais nos chevaux sur des terrains plus proches des maisons. Des habitants nous prêtent leurs terres, comme ça ils sont près des chevaux et ils ont des chiens qui peuvent signaler une intrusion", détaille le jeune homme dont les parents ont déposé plainte mercredi.

"Invivable"

Malgré ces précautions, les propriétaires d’équidés se disent encore très inquiets pour la sécurité de leurs bêtes. D'autant que la surveillance n'est pas infaillible. La jument de Thomas Degres a été agressée alors qu'il faisait sa ronde et qu'elle avait été rentrée dans son box, mais le ou les auteurs ont réussi à s'y introduire.

"C’est invivable, il y a une grosse parano qui se développe", souligne Sven Abrassart. "On ne peut pas vivre normalement avec un tel stress. A un moment les nerfs prennent le dessus", abonde Thomas Degres.

A tel point que certains ont décidé de prendre les devants en ayant recours à l’intimidation. Dans le Finistère, deux jeunes femmes à bord de leur voiture ont été arrêtées dans la nuit de samedi à dimanche et contrôlées par deux propriétaires de chevaux "armés d'un coupe-coupe et d'une arme factice ou d'une arme à plomb", a fait savoir la gendarmerie départementale qui a ouvert une enquête. Pour l’heure, la gendarmerie n’a pas connaissance d’autres faits similaires, précise-t-elle à BFMTV.com, mais appelle néanmoins à la retenue.

"Il ne faut pas avoir recours à la milice locale"

"Il ne faut pas se faire justice soi-même, ajoute Jean-Luc Vernon président de la Fédération française d’équitation. Il ne faut pas avoir recours à la milice locale". Ce jeudi, la gendarmerie rappelle les recommandations d'usage: "Effectuez une surveillance quotidienne, évitez de laisser un licol quand l'animal est au pré", posez si possible des caméras.

"Et surtout, appelez la gendarmerie si vous constatez quelque chose d’inhabituel", poursuit Jean-Luc Vernon, tout en admettant que ces précautions n’écartent pas tous les risques.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV