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Mort de Steve: un témoin accuse l'IGPN de l'avoir écarté de l'enquête

La police des polices affirme quant à elle avoir envoyé un mail au jeune homme, qui n'y aurait pas donné suite.

Nouveau rebondissement dans l'affaire de la mort de Steve Maia Caniço. Trois jours après la publication du compte-rendu du rapport de l'IGPN sur la disparition de ce jeune homme de 24 ans à Nantes le 21 juin dernier, un témoin accuse désormais la police des polices de l'avoir écarté de l'enquête menée.

Présent à la "free party" qui se tenait sur le quai Wilson le soir de la Fête de la musique, Romain a raconté sa version de l'intervention des forces de l'ordre ce soir-là au micro de France Bleu Loire-Atlantique:

"J'ai consacré du temps pour ma compagne, j'ai voulu l'aider. Elle a foncé sur les quais donc j'ai foncé sur pour la récupérer. D'autres gens sont tombés, j'ai entendu des 'plouf', j'ai entendus des cris. Moi même j'a crié aux gens : 'Faites demi-tour, n'allez pas sur les quais !' Personne n'y voyait rien, toutes ces personnes ont plongé. D'autres ont dû bifurquer à la dernière seconde."

Le jeune homme a ensuite fait le récit de cette nuit à la police, en allant porter plainte pour "violence policière" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Mail manquant

Seulement, dans son rapport, l'IGPN n'a pas pris en compte la plainte de Romain. Pourquoi ? La police des polices assure avoir contacté le participant à la soirée par la suite, via un mail, en lui demandant de témoigner. "Nous serions intéressés pour recueillir votre témoignage dans ce cadre et éventuellement celui des personnes qui vous accompagnaient", peut-on lire dans un mail envoyé au jeune homme, transmis à BFMTV.

Ce à quoi Romain n'aurait pas répondu, d'après l'IGPN. Une version contestée par le jeune homme, qui assure n'avoir jamais reçu ce mail.

"Sinon, je me serais présenté pour raconter tout ce que j'avais à dire. Ce serait stupide d'entamer une démarche et d'y renoncer", déclare-t-il.

Jeudi, deux autres participants tombés dans la Loire le soir de la "free party" du 21 juin ont saisi la justice pour "non-assistance à personne en danger". En tout, 87 personnes présentes sur le quai Wilson le soir de la Fête de la musique avaient déjà porté plainte contre X pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique".

Juliette Mitoyen