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Mort de Steve: les deux juges d'instruction de Nantes demandent à être dessaisis

Dans un souci d'impartialité, les juges d'instruction ont demandé à être dessaisis de l'enquête pour "homicide involontaire" après la mort de Steve Maia Caniço le soir de la Fête de la musique à Nantes. La Cour de cassation a un mois pour statuer.

C'est une demande très rare. Les deux juges d'instruction ont demandé à être dessaisis de l'enquête sur la mort de Steve Maia Caniço, selon une information révélée ce vendredi par Libération et confirmée par une source judiciaire.

Le procureur de la République de Nantes les avait chargés de conduire ces investigations mais compte tenu du caractère sensible de l'affaire, les magistrats ont demandé que l'enquête se déroule ailleurs qu'à Nantes.

"La poursuite des investigations va nécessiter de rechercher toutes les responsabilités dans la mort du jeune homme et donc potentiellement, celles de partenaires institutionnels habituels du tribunal de grande instance de Nantes", explique le procureur général près la cour d'appel de Rennes dans un communiqué. 

Distance nécessaire

"Le dépaysement du dossier vise à garantir la sérénité de l'information judiciaire et l'impartialité objective de la juridiction saisie", ajoute Jean-François Thony. Les juges d'instruction ont adressé dès mardi, le jour même de l'ouverture de l'information judiciaire contre X du chef d'homicide involontaire, une demande en dépaysement du dossier, précise le magistrat. Le procureur de la République à Nantes a ensuite transmis cette demande au procureur général de Rennes, qui a décidé de saisir la Cour de cassation d'une requête en dépaysement. 

L'avocate de la famille de Steve Maia Caniço, Me Cécile de Oliveira, a salué la demande de dépaysement des juges d'instruction.

"Il faut qu'il y ait une distance pour travailler dans ce dossier, avec les services d'enquêteurs", a déclaré l'avocate. "C'est difficile (pour les juges d'instruction) car ce sont les personnes avec qui ils travaillent au quotidien", a déclaré Me de Oliveira.

Critiques sur l'intervention des forces de l'ordre

La requête, qui a été transmise jeudi à la Cour de cassation, ne sera pas examinée par la chambre criminelle avant la mi-septembre. Cette demande de dépaysement doit être signifiée aux différentes parties, qui ont un mois pour formuler leurs observations. 

Une telle requête, intervenant aussi tôt dans l'enquête, est rare. Mais la disparition du jeune homme de 24 ans a suscité une vive émotion et des critiques sur l'intervention des forces de l'ordre dans la nuit du 21 au 22 juin, là où avait lieu le concert de la fête de la musique.

Ambre Lepoivre avec AFP