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Mort d'Elisa Pilarski: le comportement de son chien Curtis sème le trouble

D'après les informations du Parisien, le chien de la jeune femme aurait mordu deux personnes depuis le 16 novembre: son compagnon le soir-même du drame et une bénévole du refuge dans lequel il a été placé.

Alors que les résultats des tests ADN réalisés sur les 67 chiens présents le 16 novembre dans la forêt de Retz devraient être connus dans les prochaines semaines, de nouveaux éléments viennent troubler l'enquête sur la mort d'Elisa Pilarski. D'après les informations du Parisien, Curtis, le chien que la jeune femme promenait le jour de l'accident, aurait en effet présenté un comportement suspect le soir-même et les jours suivant le drame.

Le 16 novembre dans la soirée, alors que le compagnon d'Elisa, Christophe Ellul, était à la gendarmerie en compagnie de son chien, ce dernier l'aurait subitement mordu à la jambe, avant d'être placé par "réquisition judiciaire" dans un refuge de la Fondation Clara à Beauvais, dans l'Oise. Là-bas, quatre jours plus tard, Curtis s'en serait pris à une bénévole qui l'accompagnait chez le vétérinaire.

"Il m'a sauté dessus au niveau de la poitrine. Je le repousse et c'est à ce moment qu'il m'attaque au niveau de la jambe et ne veut pas me lâcher. Je ne sais pas combien de temps ça a duré. La seule chose dont je me souvienne, c'est d'avoir hurlé et de m'être dit qu'il allait me tuer", a confié la jeune femme au Parisien.

"C'était extrêmement violent. Car, à aucun moment, le chien n'a montré de signes qu'il allait attaquer. Il a fallu que tous ceux présents à ce moment-là fassent des pieds et des mains pour qu'il lâche prise. Et très rapidement, il est redevenu comme si de rien n'était", a par ailleurs raconté un témoin de la scène.

"Il n'a jamais mordu personne"

Pour l'avocat de Christophe Ellul, notamment spécialiste en droit des animaux, ces deux événements ne prouvent en rien la culpabilité de Curtis dans la mort de sa maîtresse. "C'est un chien qui n'a jamais eu de problème pendant deux ans, il n'a jamais mordu personne", a assuré Maître Eric Alligné ce dimanche sur notre antenne.

"On a récupéré Curtis après le drame et Curtis avait des morsures sur la tête ce qui veut dire qu'il s'est trouvé face à un groupe de chiens et qu'il s'est battu pour défendre sa maîtresse, c'est ma théorie", a-t-il expliqué sur le plateau d'Affaire suivante, soulignant que le médecin légiste a attesté qu'Elisa Pilarski était "morte des morsures de plusieurs chiens".

"Je ne crois pas que Curtis soit le seul responsable, ni même responsable de cette tragédie", a confié l'avocat qui rappelle que le 16 novembre, se trouvait également dans la forêt de Reitz une meute de chiens "quasiment à la même heure" qu'Elisa.

La société de vénerie exclut toute responsabilité

Le 20 novembre, soit quatre jours après le drame, une information judiciaire contre X a été ouverte pour "homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement résultant de l'agression commise par des chiens".

Les résultats de l'autopsie réalisée sur le corps de la jeune femme, qui était enceinte de six mois, ont conclu qu'elle avait succombé à une hémorragie consécutive à des morsures canines. Les enquêteurs ont donc procédé à de très nombreux prélèvements génétiques pour retrouver les auteurs de ces blessures. Une chasse à courre rassemblant une soixantaine de chiens avait lieu ce samedi 16 novembre dans la forêt de Retz. D'après la société de vénerie, aucun des chiens de la meute n'a toutefois été mordu ce jour-là.

Mélanie Rostagnat