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Mort d'Adama Traoré: une nouvelle expertise exonère les gendarmes

L'expertise de synthèse exonère les gendarmes

L'expertise de synthèse exonère les gendarmes - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le jeune homme de 24 ans est décédé en 2016 lors d'une interpellation. Une expertise médicale vient d'écarter la responsabilité des gendarmes.

L'expertise médicale de synthèse réalisée pour déterminer les causes de la mort d'Adama Traoré, un jeune homme noir de 24 ans décédé en 2016 lors d'une interpellation, écarte la responsabilité des gendarmes dans son décès, a indiqué ce mardi une source proche du dossier, confirmant des informations du Monde.

Lors de son arrestation après une course-poursuite, Adama Traoré avait été maintenu au sol sous "le poids des corps" de trois gendarmes, selon les déclarations de l'un des militaires. La famille dénonce pour sa part une "bavure" depuis le début de cette affaire qui avait entraîné des violences dans sa ville de Beaumont-sur-Oise et dans les environs.

Mort "par asphyxie"

Une contre-expertise partielle sur les organes avait confirmé l'an dernier à une mort "par asphyxie" lié à un état de santé antérieur, sans permettre de trancher la question de la responsabilité des gendarmes. Elle avait aussi écarté l'hypothèse d'une cardiomyopathie et d'un état infectieux évoqués par l'autopsie initiale. Or, selon l'expertise finale remise le 14 septembre à la juge d'instruction, "le pronostic vital (était) engagé de façon irréversible" avant cette interpellation, a indiqué la source proche du dossier.

Les conditions de cette arrestation "ont conduit au développement d'une composante d'asphyxie mécanique associée mais celle-ci reste contingente, et ne peut être retenue comme facteur déterminant du décès", a-t-elle ajouté. Interpellé une première fois, le jeune homme avait pris la fuite. Une course poursuite d'"environ 15 minutes" sous une forte chaleur s'en était suivie, avant qu'il ne soit retrouvé et plaqué au sol par les gendarmes.

Atteint d'une "drépanocytose"

Les quatre médecins, à qui cette expertise a été confiée le 18 janvier, ont confirmé que le jeune homme souffrait d'une "drépanocytose" - une maladie génétique héréditaire de l'hémoglobine - ce qui était déjà connu, et de "sarcoïdose", (maladie rare et peu connue qui touche principalement les poumons) ce qui était "apparemment méconnu". Or, cette maladie l'a exposé "à un risque d'hypoxémie d'effort", autrement dit à une diminution anormale de la quantité d'oxygène contenue dans le sang.

"Cette hypoxémie initiale d'effort, le stress et l'hyperviscosité sanguine liés à l'épisode d'effort intense" ont déclenché "une crise drépanocytaire aiguë avec un syndrome thoracique", a indiqué la source. Les circonstances de sa mort sont marquées depuis le début par la défiance vis-à-vis des autorités, alimentée par l'annonce tardive du décès et la communication très contestée du procureur de Pontoise à l'époque.

P.L avec AFP