BFMTV

Mort d'Adama Traoré: Sibeth Ndiaye appelle à "l'apaisement" après la manifestation interdite à Paris

La porte-parole du gouvernement a tenu à souligner que la manifestation de mardi avait été interdite uniquement en raison de la situation sanitaire.

Au lendemain du rassemblement de près de 20.000 personnes qui, ce mardi devant le palais de justice de Paris, appelaient à la justice pour Adama Traoré, Sibeth Ndiaye a appelé à "l'apaisement". Si la porte-parole du gouvernement a assuré que ce thème n'avait pas été abordé durant le Conseil des ministres de ce mercredi, elle a toutefois reconnu que la mort du jeune homme après son interpellation en 2016 était "un drame qui a suscité une émotion légitime".

"Une instruction a lieu en ce moment et nous faisons confiance en la justice pour faire tous les éclairages, et, le cas échéant, un procès sur cette affaire", a-t-elle lancé.

Pour autant, Sibeth Ndiaye a également tenu à rappeler que cette manifestation contre les violences policières, qui s'est terminée par des débordements, n'était pas autorisée par la préfecture de Police. 

"Pas sur le fondement de l’objectif politique, vous vous en doutez, mais sur le fondement de la crise sanitaire que nous connaissons. Nous essayons de faire en sorte que les rassemblement n’aient pas lieu car ils peuvent être des vecteurs", assure-t-elle. 

"Pas de violences d'État instituées" en France

La manifestation s'est déroulée en parallèle des rassemblements organisés depuis huit jours aux Etats-Unis pour dénoncer la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis.

"Malheureusement, la mort de George Floyd vient imager la mort de mon petit frère", a expliqué Assa Traoré ce mercredi matin sur BFMTV. La veille face à la foule, elle avait lancé: "Aujourd'hui, ce n'est plus que le combat de la famille Traoré, c'est votre combat à vous tous (...). Aujourd'hui, quand on se bat pour George Floyd, on se bat pour Adama Traoré."

Interrogé sur ce parallèle entre les États-Unis et la France, Sibeth Ndiaye a estimé que la situation entre les deux pays n'était "pas tout à fait comparable, ni sur le plan de l'Histoire, ni sur le plan de l'organisation de la société".

"Il n'y a pas de violences d'État instituées dans notre pays", a-t-elle affirmé. Quand il y a des incidents, des fautes commises par des membres des forces de l'ordre (...) il y a des enquêtes et le cas échéant des sanctions lorsque les fautes sont avérées."
Hugo Septier