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Méningite: 40 familles attaquent en justice un laboratoire français

Près de 40 familles attaquent en justice le laboratoire pharmaceutique CSP, à la suite de la mise sur le marché du vaccin Méningitec, suspecté d'être défectueux, dont tous les lots ont été rappelés par mesure de précaution. Chez les enfants qui se sont fait injecter le produit, certains ont développé des symptômes très graves.

Sommes-nous aux portes d'un nouveau scandale sanitaire en France? Aux dires de 40 familles, qui ont décidé de saisir la justice, "oui". Plusieurs enfants ont contracté des symptômes, certains très graves comme des scléroses en plaques, à la suite de l'injection d'un vaccin contre la méningite. Ce dernier, le Méningitec, avait pourtant été rappelé par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en septembre 2014, "par mesure de précaution".

Suspecté d'être très chargé en métaux lourds, le produit défectueux censé avoir été retiré du marché était pourtant toujours accessible en pharmacie, près de quatre mois après l'alerte des autorités. Un dysfonctionnement qui pourrait avoir eu des conséquences désastreuses pour certaines familles.

C'est notamment le cas de celle de Coralie. Rencontrée par BFMTV, cette jeune mère de famille a fait vacciner sa petite fille contre la méningite l'an passé. Âgée désormais de deux ans et demi, l'enfant fait depuis face à de nombreux problèmes de santé. "Des douleurs abdominales quotidiennes, des problèmes de nourriture, des problèmes de sommeil, d'irritabilité, des poussées de fièvres inexpliquées..." tels sont les symptômes, listés par sa mère.

Des analyses inquiétantes. Et aucune réponse

Alors que l'état de santé de sa fillette ne s'améliore pas, Coralie mène son enquête. Elle se rend alors compte que son enfant a été vacciné par un lot défectueux de Méningitec, censé avoir été retiré du marché. En contact avec Centre Spécialités Pharmaceutiques (CSP), le laboratoire qui a mis au point le médicament, aucune explication ne lui est fournie.

A la colère se mélange également la peur. La peur pour l'état de santé actuel et futur de sa fille. Car les analyses de cette dernière, plusieurs mois après l'injection du vaccin, sont inquiétantes. "Ma fille aurait en excès toxiques de l'aluminium, de l'étain, du plomb, du chrome, du cuivre, du fer, du silicium, et de l'argent", énumère -t- elle au micro de BFMTV.

Une première audience en septembre

Tout comme cette jeune mère, ce sont donc 40 familles qui se trouvent confrontées aux mêmes questions. Que s'est-il passé? Où le dysfonctionnement a-t-il eu lieu? Pourquoi le vaccin devait-il être retiré du marché? Face à ces accusations, le laboratoire CSP est resté pour l'heure muet.

La première audience dans cette affaire doit se tenir au moins de septembre.

Jé. M. Reportage vidéo: Julie Guillot