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Menaces à Strasbourg: l'ado en garde à vue libéré

Une photo du suspect qui a posté des menaces dans un cybercafé.

Une photo du suspect qui a posté des menaces dans un cybercafé. - -

Les enquêteurs ont libéré un jeune homme qu'ils avaient arrêté dimanche car il présentait "une forte ressemblance" avec l'internaute suspecté.

Un adolescent de 18 ans a été libéré lundi en milieu de journée après avoir été placé en garde à vue dimanche, suite aux menaces proférées anonymement sur un forum de jeux vidéos par un inconnu qui voulait commettre un massacre vendredi dans un lycée. Aucune charge n'ayant été retenue contre lui.

"La garde à vue a été levée. Rien ne permet d'incriminer ce jeune, ni de près ni de loin", a déclaré la vice-procureur Lydia Pflug. Le jeune homme, qui fêtait son 18e anniversaire ce lundi, avait été interpellé notamment sur la base de sa "forte ressemblance" avec la photo de l'internaute suspecté d'avoir envoyé des menaces mardi dernier depuis un cybercafé de Strasbourg.

Il avait été interpellé dimanche après-midi en Haute-Saône, avant d'être transféré dimanche soir à Strasbourg. Son matériel informatique avait été saisi pour les besoins de l'enquête.

Pas encore "d'éléments probants"

Le mineur a été interpellé à la suite d'un appel passé sur le numéro de téléphone d'urgence dédié à l'enquête. Le procureur adjoint de Strasbourg, Claude Palpacuer, a confirmé qu'une garde à vue était en cours. Il a cependant évoqué une "vérification de routine", n'ayant pas encore donné "d'éléments probants".

Samedi, deux frères d'une vingtaine d'années avaient déjà été interpellés au domicile de leurs parents à Autun, en Saône-et-Loire. Mais cette piste avait rapidement été écartée et les suspects libérés sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux.

Vendredi, plus de 750 policiers et gendarmes avaient été déployés devant les 59 lycées du Bas-Rhin: un internaute anonyme avait posté sur un forum de jeux sur Internet un message intitulé "Tout s'arrête bientôt" et signé "HommeMort". "J'habite dans une certaine ville, où se trouve un certain lycée, et vendredi, je laisse ma trace dans l'histoire", avait écrit cet inconnu, ajoutant. "La vie de beaucoup de gens, dont la mienne, finira ce jour-là", ajoutait-il selon un fac-similé du message repris par le site Rue89 Strasbourg. "Messieurs de la police, venez, je vous attends. Vous avez jusqu'à vendredi", avait conclu l'internaute dans son message.

Ce texte a été repéré par un adolescent des Yvelines, qui en parlé à sa mère. Cette dernière a alors prévenu la police de Versailles. Il avait été envoyé d'un cybercafé du centre de Strasbourg, a révélé l'enquête, ce qui a conduit la police à concentrer son action dans la capitale alsacienne et le Bas-Rhin.

Une trentaine de pistes

Les enquêteurs ont diffusé vendredi une photo du suspect, extraite d'images de vidéosurveillance du cybercafé en question, montrant un visage d'adolescent portant une capuche de couleur foncée. Ils ont indiqué que les témoignages apportés sur une ligne dédiée et au 17 les avaient menés depuis sur une trentaine de "pistes exploitables", dont celle ayant abouti à l'interpellation opérée dimanche en Haute-Saône. Ils ont bénéficié grâce à la Pentecôte d'un délai supplémentaire, les lycées ne devant rouvrir que mardi.

Canular ou menace sérieuse, "quelle que soit l'hypothèse, ce qui nous importe c'est de savoir qui a fait ça, car c'est une action grave", a souligné, samedi, le procureur adjoint Claude Palpacuer. S'il s'agissait d'un canular, son auteur encourrait une peine de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende selon le parquet.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a pour sa part indiqué vendredi que le choix avait été fait de "prendre au sérieux (ces) menaces émises sur Internet" et qu'il fallait "continuer à en mesurer la véracité", tout en appelant à ne "pas céder à la panique".


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A.D. avec AFP