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Police-Justice

Martinique: des agents de sécurité du CHU gravement blessés lors d'une manifestation

CHU de Fort-de-France.

CHU de Fort-de-France. - Lionel CHAMOISEAU

Cinq plaintes ont été déposées après que des agents de sécurité ont été aspergés avec de la soude caustique. Des agressions intervenant dans un contexte tendu en Martinique lié à l'obligation vaccinale.

Six agents de sécurité du CHU de Martinique ont été gravement blessés jeudi par des jets de soude caustique lors d'une manifestation, dans un contexte social tendu par la contestation de l'obligation vaccinale, a annoncé le ministère des Outre-mer.

"A l'occasion de la première rencontre officielle entre le nouveau directeur général, Jérôme le Brière, et les organisations syndicales du CHU, une trentaine de manifestants a tenté de perturber la réunion. A cette occasion, six agents de sécurité ont été aspergés au visage avec de la soude caustique", selon un communiqué du ministère.

Ils ont tous été admis aux urgences du CHU, et deux d'entre eux ont été opérés en urgence a appris l'AFP de source hospitalière.

Des tensions liées à l'obligation vaccinale

Les victimes présentent "un risque d"altération définitive de leur acuité visuelle", précise l'Agence Régionale de Santé dans un communiqué de presse. Les auteurs des faits faisaient partie d'un groupe d'une trentaine d'individus qui a tenté de s'inviter de force dans la réunion.

"Il n'est plus tolérable qu'une infime minorité continue par ses actions permanentes, à faire peser un climat délétère sur les hôpitaux martiniquais", ont écrit Jérôme Viguier, directeur général de l'ARS de Martinique et Jérôme Le Brière, dans un communiqué.

Des actions qui, selon eux, sont commises "au prétexte de l'obligation vaccinale", alors que le taux de vaccination "tout personnel concerné confondu, atteint 87% en Martinique et même 100% chez les médecins du CHUM".

Cinq plaintes déposées, une enquête ouverte

Les ministres de la Santé et des Outre-mer ont également adressé "leurs plus sincères voeux de rétablissement aux victimes et plus largement leur plein soutien aux agents du CHUM, régulièrement exposés à la violence d'une minorité dont les revendications ne sauraient justifier de tels actes", ajoutant qu'"une action judiciaire est en cours".

"Notre syndicat condamne bien évidemment cet acte", a pour sa part réagi Magalie Zamor, secrétaire générale de la CGTM-Santé, membre de l'intersyndicale de la santé, sur l'antenne de la radio locale RCI. "Cela ne devrait pas arriver sur un lieu de travail. Le CHSCT a été saisi", ajoute-t-elle.

Cinq plaintes ont déjà été déposées a indiqué l'AFP une source policière. L'enquête a été confiée à la direction territoriale de la police nationale.

E.F. avec AFP