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Marseille: une journée et une nuit d'affrontements très violents entre hooligans

Au lendemain d'échauffourées entre supporters, majoritairement anglais et russes, de nouveaux heurts ont éclaté à intervalles réguliers à Marseille. Des affrontements parfois très violents, qui ont fait au moins 35 blessés dont quatre graves.

Des violences intenses, dignes de scènes de guérilla urbaine. De nouveaux heurts ont éclaté, ce samedi, entre supporters anglais, russes et français, sur le Vieux-Port de la cité phocéenne. Des affrontements qui ont repris vers 20 heures aux abords du Vélodrome, où se disputait le match Angleterre-Russie, suivis de quelques empoignades dans les travées, à la fin du match.

La rixe la plus sévère a opposé quelque 500 supporters - 300 d'un côté et 200 de l'autre - dans une rue perpendicualire au Vieux-Port. Six personnes ont été interpellées, et 35 personnes ont été blessées, quatre se trouvant dans un état grave, dont l'une entre la vie et la mort, selon le préfet de police Laurent Nunez, contacté par BFMTV. Trois policiers ont également été blessés. 

En début de soirée, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné "le comportement irresponsable et délibéré de pseudo-supporteurs". De son côté, le commissaire Antoine Boutonnet, chargé de la lutte contre les hooligans en France a affirmé qu'il n'y avait "pas de constat d'échec" en matière de prévention des violences. 

Des affrontements à intervalles réguliers

Tout a débuté vers 16 heures quand des hooligans, majoritairement russes et anglais, ont commencé à en découdre. Les forces de l'ordre ont aussitôt fait usage de gaz lacrymogènes. Les supporters sont partis en courant dans les rues avoisinantes, certains continuant à se battre entre eux, en s'arrachant leur T-shirt et en brisant des bouteilles de bière. La plupart avaient une bouteille à la main, certains des packs entiers.

Les rixes ont ensuite repris à intervalles réguliers, entre supporters des deux camps et contre les forces de l'ordre. Les violences se sont arrêtées vers 17h30, avant de reprendre vers 20 heures, ce coup-ci sur le Prado, aux abords du Vélodrome. En plus des grenades lacrymogènes, les policiers et gendarmes ont utilisé un canon à eau, pour disperser les supporters russes et anglais.

Enfin, il y a eut quelques empoignades, quelques projectiles lancés et des bousculades dans les travées à la fin du match, après le coup de sifflet final. Des ultimes affrontements ont à nouveau surgi sur le Vieux-Port. Les forces de l'ordre ont répliqué une énième fois à coups de gaz lacrymogènes avant que le calme ne revienne définitivement dans la nuit.

Plusieurs interpellations

"On occupe le terrain et on empêche les rixes. Nous intervenons systématiquement quand il y a des rixes pour les disperser", a-t-il ajouté. Aucune interpellation n'a été opérée, gendarmes mobiles et CRS étant occupés à rétablir l'ordre avant tout, a poursuivi Laurent Nunez.

La veille, neuf personnes avaient été interpellées après une bagarre entre supporters anglais et russes, qui a tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre. Des échauffourées qui rappellent le soir du 15 juin 1998, lors duquel des supporters britanniques et tunisiens s'étaient violemment battus avant et après le match entre leurs deux équipes. 70 personnes avaient été blessées et 50 interpellées. 

Dispositif de sécurité renforcé

Plus de 1.000 policiers, 1.100 agents de sécurité privés à l'intérieur du stade Vélodrome, et 850 sapeurs-pompiers: à match exceptionnel, dispositif exceptionnel. Au-delà des craintes liées à d'éventuels attentats, le hooliganisme est aussi un des défis sécuritaires de cet Euro, le premier de l'histoire à 24 équipes. La liste n'est pas officielle, mais cinq matches sont classés "niveau 3" sur une échelle de risques de 4 et feront l'objet d'un dispositif de maintien de l'ordre renforcé.

Pour lutter contre le hooliganisme, le gouvernement a installé à Lognes, en Seine-et-Marne, un Centre de coopération policière internationale (CCPI), sorte de tour de contrôle durant l'Euro. Et 180 policiers des 23 pays étrangers participant à la compétition sont déjà en France.

Russes et Britanniques tenus séparés

Pour garantir le bon déroulement de l'accès des supporters au Vélodrome, la préfecture de police a également prévu deux itinéraires différents pour Russes et Anglais afin d'"éviter tout trouble à l'ordre public".

"Les supporters russes et anglais devront impérativement emprunter les itinéraires suivants pour accéder au stade", a indiqué le préfet de police dans un communiqué, en détaillant précisément les chemins que les uns et les autres devront emprunter.

Les supporters anglais accéderont au stade par l'entrée située sur le parvis Ganay, en sortant à la station de métro Sainte-Marguerite Dromel. Les supporters russes utiliseront l'autre entrée sur le boulevard Michelet, en descendant à la station Rond-point du Prado sur la même ligne. Des itinéraires séparés sont également prévus pour ceux qui viennent au stade à pied.

H. M. avec AFP et Mélanie Vecchio