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Marseille: marche blanche pour Mehdi, tué par un policier après un braquage

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Une marche était organisée ce samedi à Marseille en hommage à Mehdi. Le jeune homme est mort la semaine dernière, abattu par un policier dans une cité du nord de Marseille.

Une rose blanche à la main, quelque 300 personnes ont défilé ce samedi à Marseille en mémoire de Mehdi, un jeune homme d'une cité populaire tué il y a une semaine par un policier après une course-poursuite ayant suivi le braquage d'un magasin.

Le cortège, qui a rassemblé des jeunes et des familles, est parti de la cité de Maison-Blanche, d'où était originaire le jeune homme âgé de 18 ans.

"RIP Mehdi" (Repose en paix) et "Justice pour Mehdi" proclamaient des banderoles en tête de cette marche blanche.

"Il faut que la justice dise ce qui s'est passé", scande Haoulata, 24 ans. Ancienne habitante du quartier, cette employée de crèche était amie avec la soeur du jeune homme tué et a grandi en côtoyant sa famille.

Enquête en cours

Beaucoup d'habitants, qui estiment que leur quartier est abandonné par les pouvoirs publics, confient placer leurs espoirs dans la justice pour déterminer le déroulé des événements du 14 février. Selon les premiers éléments communiqués par le parquet de Marseille, ce soir-là, après un braquage commis dans un magasin proche du centre-ville, trois malfaiteurs présumés ont pris la fuite en voiture et ont été poursuivis par des policiers jusqu'à la cité des Marronniers. 

"Dans des conditions que les investigations préciseront, un fonctionnaire de police a ouvert le feu à plusieurs reprises après avoir été lui-même puis un de ses collègues mis en joue par un des malfaiteurs", a indiqué le parquet ce samedi. La procureure Dominique Laurens a indiqué que le jeune homme blessé mortellement était celui qui aurait mis les policiers en joue.

Un collectif d'habitants de Maison-Blanche s'interroge sur le fait qu'il ait menacé les policiers, sur la foi de témoignages de gens présents sur les lieux des faits.

"Les policiers ne sont pas tous mauvais"

Une enquête judiciaire a été confiée à l'inspection générale de la police nationale sur l'usage des armes des forces de l'ordre. 

"Personne ne doit mourir lors d'une interpellation, sauf s'il fait feu sur la police. On préférerait qu'il soit des années en prison plutôt qu'il soit mort", a déclaré un des membres du collectif, Nair Abdallah.

"Vous n'aurez pas de discours de haine sur la police. Les policiers ne sont pas tous mauvais comme les jeunes dans les quartiers ne sont pas tous mauvais (...) On les appelle à un dialogue pour qu'il n'y ait plus de mort comme ça", a-t-il ajouté.

AL avec AFP