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Marseille: deux policiers suspendus, un mois après leur condamnation pour violences

Policiers. - FRED TANNEAU / AFP

Policiers. - FRED TANNEAU / AFP - -

Le tribunal de Marseille avait condamné deux policiers à quatre ans de prisons pour avoir frappé à coups de pieds et de poings un jeune homme de 16 ans le 14 mai dernier.

Ils ont été condamnés en première instance pour avoir roué de coups un adolescent de 16 ans. Un mois après, la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône a reçu mercredi deux arrêtés de suspension concernant ces deux policiers marseillais, a indiqué un porte-parole.

Ils continuaient d'exercer

Mi-mai, ils avaient été condamnés à quatre ans de prison dont deux fermes en première instance pour avoir frappé à coups de pieds et de poings un adolescent qui sortait faire des courses dans une épicerie de nuit en février 2018.

La victime des deux policiers concernés avait été conduite par les pompiers aux urgences, où une interruption totale de travail de 15 jours lui avait été délivrée. L'adolescent présentait en effet une fracture sous l'œil et de nombreux hématomes et contusions au visage et aux genoux.

Les policiers avaient fait appel de leur condamnation et étaient ressortis libres du tribunal. Jusqu'à jeudi, ils continuaient d'exercer leur métier, au sein de la Compagnie d'intervention et de sécurisation (CSI) comme l'a révélé le quotidien 20 Minutes

L'avocate de la victime critique le délai

L'avocate de la victime, Maître Linda Sennaoui, s'était déjà indignée que ces policiers aient continué à travailler "au contact de la population, dans leur secteur du Nord de Marseille", après l'enquête sur les faits délivrée en avril 2019 par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

"La police s'est retranchée derrière le délai de la procédure pénale alors qu'elle pouvait procéder à une enquête administrative sans attendre", déplore Maître Sennaoui. "Mais que voulez-vous qu'on attende de la hiérarchie à Marseille alors que le patron de la CSI est venu témoigner en faveur des deux policiers au procès?"

L'avocate avait même écrit au ministre de l'Intérieur le 8 juin. Elle estime que "le coup de fil de la journaliste de 20 minutes  qui a précité la suspension". La DDSP, elle, assure que le délai "correspond au temps de la procédure": "Ça ne se fait pas du jour au lendemain." 

R.B., avec AFP