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Marseille: deux ans de prison ferme contre des policiers ayant frappé un adolescent

Les chiffres publiés le 19 avril se basent sur le nombre de dépôts de plainte.

Les chiffres publiés le 19 avril se basent sur le nombre de dépôts de plainte. - AFP

Les faits remontent à février 2018 et s'étaient déroulés dans une rue marseillaise.

Deux policiers ont été condamnés jeudi à quatre ans de prison, dont deux ferme, pour avoir roué de coups un adolescent de 16 ans, dans une rue de Marseille un soir de février 2018.

Le tribunal correctionnel de Marseille a laissé à la hiérarchie de ce brigadier-chef, Lionel Pourtalet, et de ce gardien de la paix, Thomas Bagnus, le soin de décider d'une éventuelle interdiction professionnelle.

Pas de mandat de dépôt

Aucun mandat de dépôt n'ayant été prononcé, les deux policiers sont repartis libres et ont dix jours pour faire appel.

Selon France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur, la victime était un lycéen originaire du Lot-et-Garonne, qui se trouvait en vacances chez son frère. 

Le 20 février 2018, l'adolescent, prénommé Ishaq, avait été frappé à coups de pieds et de poings dans une rue d'un quartier populaire du nord de Marseille, après avoir fait des courses dans une épicerie de nuit.

ITT de 15 jours

Il avait expliqué avoir vu une voiture de police s'arrêter à son niveau puis ses deux passagers en descendre et le frapper. Tous deux ont été condamnés, mais le conducteur, un autre gardien de la paix, n'a pas été poursuivi.

La victime avait été conduite par les pompiers aux urgences, où une interruption totale de travail (ITT) de 15 jours lui avait été délivrée: l'adolescent présentait une fracture sous l'oeil et de nombreux hématomes et contusions au visage et aux genoux.

Les policiers ont nié les faits

"Le tribunal a travaillé avec attention, il n'est pas joyeux pour des magistrats de juger et de condamner des policiers, c'est très pénible et douloureux", a souligné la présidente en rendant le délibéré.
"Vous avez commis ce délit grave et menti au tribunal à l'audience" en niant les faits, a-t-elle souligné. Les policiers ont toujours affirmé avoir poursuivi cette nuit-là un jeune homme, mais sans parvenir à le rattraper.

Retrouvés grâce à un stylo

"Cette peine est amplement méritée, personne n'est au-dessus des lois, dans aucun territoire", a commenté après l'audience l'avocate de la partie civile, Me Linda Sennaoui.

Selon 20 Minutes, c'est notamment grâce à un stylo estampillé du syndicat policier Alliance que les deux agents avaient pu être identifiés.

C.M. avec AFP