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Marc Dutroux, un "psychopathe pervers et manipulateur" sous les verrous depuis 22 ans

Marc Dutroux lors de son procès en août 2004 à Arlon, en Belgique

Marc Dutroux lors de son procès en août 2004 à Arlon, en Belgique - STR / POOL / AFP

Condamné à la prison à perpétuité en 2004, Marc Dutroux a rédigé une lettre destinée à ses victimes et à leurs familles. Objectif : casser l'image de "monstre froid que l'on a tendance à décrire", selon son avocat.

"Une lettre d'apaisement, d'ouverture". Condamné à la prison à perpétuité en 2004 pour viols sur mineures avec torture, Marc Dutroux, qui réclame sa liberté conditionnelle depuis 2013, s'apprête à envoyer un courrier à ses victimes et à leurs familles afin de prouver sa "capacité à adhérer à leur souffrance", explique son avocat. Un moyen pour le criminel belge de 61 ans de "démontrer qu'il n'est pas forcément le monstre froid qu'on a tendance à décrire".

Depuis les premières révélations de l'affaire Dutroux en août 1996, les nombreux psychiatres et experts qui se sont penchés sur l'enquête sont pourtant unanimes sur le profil psychologique de cet électricien de formation qui s'est dès ses 20 ans reconverti en voleur professionnel avant de devenir pédophile en série. "Grand pervers, intelligent et manipulateur", qui voit l'autre comme "un simple objet sexuel", un "parfait psychopathe" qui se considère "comme le centre du monde" et qui avait pour ambition "d'enlever énormément d'enfants" et de "créer une sorte de cité souterraine", Marc Dutroux a longtemps fasciné les médecins qui ont vu en lui "un véritable cas d'école".

"Un récidiviste dans l'âme"

Derrière les barreaux depuis 22 ans, l'homme le plus haï de Belgique ne semble pas avoir changé. Sa mère Jeannine s'est d'ailleurs toujours opposé à sa libération, assurant que son fils était "un récidiviste dans l'âme". Son arrestation le 13 août 1996, précédant la découverte des cadavres de deux de ses victimes, Julie Lejeune et Mélissa Russo, n'était d'ailleurs pas sa première. En 1979, alors âgé de 23 ans, Marc Dutroux est condamné à une première peine d'un mois d'emprisonnement pour vol, puis neuf ans plus tard, à quatre mois de prison pour recel. 

Le 4 février 1986, Marc Dutroux et sa seconde épouse Michelle Martin sont arrêtés. Accusés de séquestrations, d'enlèvements et de viols sur mineures de moins de 16 ans, ils sont respectivement condamnés à 13 ans et demi et 5 ans de prison. Une peine que Marc Dutroux ne purgera que partiellement puisqu'il bénéficie d'une libération conditionnelle en avril 1992. En novembre de la même année, il est interpellé pour des attouchements sexuels sur des jeunes filles à la patinoire de Charleroi mais il est aussitôt relâché.

Du 6 décembre 1995 au 20 mars 1996, Marc Dutroux retourne sous les verrous, cette fois-ci pour avoir enlevé et séquestré deux délinquants pour une histoire de vol de camion. Avant que l'affaire Dutroux n'éclate, l'électricien belge avait ainsi déjà été condamné à cinq reprises.

Une série de découvertes morbides

Le 13 août 1996, Marc Dutroux est arrêté dans le cadre de l'enquête sur la disparition de deux jeunes filles, Sabine Dardenne et Laëtitia Delhez, respectivement âgées de 12 et 14 ans. Il indique quelques jours plus tard le lieu où il séquestre depuis plusieurs semaines les deux adolescentes qui sont retrouvées vivantes.

Le 17 août, les corps sans vie de deux autres jeunes filles, Julie Lejeune et Mélissa Russo, sont retrouvés à quatre mètres de profondeur dans le jardin de sa propriété de Sars-la-Buissière, plus d'un an après leur disparition. Le lendemain, c'est le cadavre d'un ancien complice de Marc Dutroux qui est retrouvé au même endroit. Enfin, au mois de septembre, les corps de deux autres victimes (An Marchal et Eefje Lambrecks) sont découverts, ensevelis sous le hangar du jardin d'un autre de ses complices.

En mars 2004, à l'issue de son procès devant le tribunal d'Arlon, Marc Dutroux est finalement condamné à la réclusion à perpétuité. Son épouse, dont il a divorcé en 2003, a quant à elle écopé d'une peine de 30 ans de prison et a bénéficié d'une mise en liberté conditionnelle en juillet 2012.

Mélanie Rostagnat