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Marc Dutroux va envoyer une lettre à ses victimes et à leur famille

Marc Dutroux dans le box des accusés au tribunal d'Arlon, en Belgique, le 21 juin 2004.

Marc Dutroux dans le box des accusés au tribunal d'Arlon, en Belgique, le 21 juin 2004. - Pool - AFP

L'avocat du criminel, en prison depuis 22 ans, décrit une "démarche d'ouverture (...) dans le cadre d'un des volets de la libération conditionnelle" qu'il demande depuis 2013.

Marc Dutroux et son conseil Bruno Dayez ont rédigé une lettre à quatre mains qu'ils s'apprêtent à envoyer aux parents des jeunes victimes du criminel belge, condamné à la prison à perpétuité en 2004 pour viols sur mineures avec torture.

Selon l'avocat, ce courrier devrait être envoyé d'ici quelques jours aux parents de quatre jeunes filles violées et assassinées en 1995-96 (Julie, Melissa, An et Eefje), ainsi qu'à Sabine Dardenne et Laetitia Delhez. Ces deux adolescentes avaient été retrouvées vivantes après avoir été également enlevées, séquestrées et violées.

"C'est une démarche d'ouverture, une offre de service pour discuter", a expliqué l'avocat à l'AFP.

"Le sens de la démarche c'est de faire un pas vers les victimes, de faire un acte de contrition. L'idée, c'est de démontrer qu'il n'est pas forcément le monstre froid qu'on a tendance à décrire mais qu'il a une certaine capacité à adhérer à la souffrance de ses victimes", a expliqué l'avocat sur RTL Belgique.

Une "stratégie" pour les familles

En 2012, Marc Dutroux avait envoyé une missive longue de 44 pages à Jean-Denis Lejeune, le père de la petite Julie, dans laquelle il assurait avoir tenté de sauver la vie de sa fille. Dans cette nouvelle lettre, il ne devrait pas y avoir d'explications de ce genre. Au contraire, Marc Dutroux y reconnaît "son entière et accablante responsabilité", selon son avocat.

Mais pour les familles des victimes, ce geste, loin d'être désintéressé, semble surtout s'inscrire dans le cadre d'une future demande de libération conditionnelle de Marc Dutroux, 61 ans dont 22 derrière les barreaux. Cité par Franceinfo, le père d'une des victimes dénonce une "stratégie" pour être remis en liberté. La première demande de Marc Dutroux dans ce sens, en 2013, avait été rejetée. 

"On amorce un débat dans le cadre d'un des volets de la libération conditionnelle, celui qui consistera (pour le tribunal de l'application des peines, NDLR) à examiner l'attitude (du condamné) à l'égard des victimes", a en effet expliqué à l'AFP Bruno Dayez.

Aucune date n'a encore été décidée pour le dépôt de cette demande. Mais selon Me Dayez, il s'agit d'interroger d'ores et déjà les familles "pour savoir, en raccourci, êtes vous en demande de quoi que ce soit, et si c'est le cas, exprimez le". 

C.R., avec AFP