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Maintien de l'ordre: pour Jean-Michel Fauvergue, "il est important de réfléchir à quelque chose de plus global"

Jean-Michel Fauvergue, le député LaRem de Seine-et-Marne.

Jean-Michel Fauvergue, le député LaRem de Seine-et-Marne. - AFP

Ce lundi se tenait un séminaire de réflexion autour de la stratégie du maintien de l'ordre dans la police et la gendarmerie. Ce rendez-vous a rassemblé une quinzaine d'experts dont Jean-Michel Fauvergue, le député de Seine-et-Marne et ancien patron du Raid.

Un procureur, des anciens policiers, des sociologues, des journalistes et des experts venus de l'étranger. Ce lundi, une quinzaine de spécialistes du maintien de l'ordre ont planché sur une réflexion plus globale sur la stratégie et la méthode adoptée par les CRS et les gendarmes mobiles lors des manifestations. Un séminaire organisé au ministère de l'Intérieur, tandis que Christophe Castaner a estimé qu'une nouvelle doctrine était "nécessaire".

Au cours de ce séminaire, quatre tables rondes étaient organisées autour des thèmes: "la médiation et les interactions avec les manifestants", "la communication externe et l'information du grand public", "la judiciarisation des opérations de maintien de l'ordre" et "l'utilisation des moyens de force intermédiaire". "La réflexion va ensuite suivre son cours", détaille Jean-Michel Fauvergue, député de Seine-et-Marne et ancien chef du Raid, qui a participé à ce séminaire.

BFMTV - Il est essentiel de revoir la stratégie du maintien de l'ordre en France?

Jean-Michel Fauvergue - La police, que ce soit pour le maintien de l'ordre ou la lutte contre le terrorisme, par exemple, est en constante évolution. Cette réflexion est tant pour les techniques que pour l'opérationnel. C'est aussi une manière de penser la foule avec une dimension sociologique, ethnologique, par rapport à des modes de rassemblement qui changent. Il est important de réfléchir à quelque chose de plus global, une réflexion qui nous est imposée par ce qu'il s'est passé.

A-t-on suffisamment de recul par rapport au mouvement des gilets jaunes qui a révélé les limites de la doctrine de maintien de l'ordre "à la française"?

Cette évolution de la doctrine de maintien de l'ordre ne se fait pas que par rapport au mouvement des gilets jaunes. Il y a eu les manifestations contre la Loi travail, le 1er-Mai... cela fait 3 ans qu'il y a des rassemblements violents à Paris. Il est nécessaire qu'on réfléchisse mais aussi qu'on se compare avec nos pays voisins. Des intervenants espagnols, allemands et hollandais sont présents à ce séminaire. Finalement, nos méthodes ne sont pas si éloignées, et beaucoup de fausses idées sont véhiculées. Il n'y a pas d'un côté les forces françaises et les autres forces de l'autre. 

L'usage du lanceur de balles de défense, mis en cause ces derniers mois, va-t-il est un thème prioritaire?

Non, ce séminaire n'est pas l'occasion de faire un débat sur un moyen particulier, sur le LBD ou les grenades de désencerclement en l'occurrence. Ces armes sont des moyens mis à disposition dans un cadre technique et stratégique. Notre réflexion porte sur la stratégie utilisée de manière globale.
Justine Chevalier