BFMTV

Lyon: accusés d'avoir agressé deux étudiants, deux policiers jugés pour violences volontaires

Dans la nuit du 21 février dernier, les policiers s'en seraient pris à des étudiants dans la rue à Lyon qui rentraient de soirée à pied.

Deux policiers lyonnais sont jugés ce vendredi au tribunal correctionnel pour violences volontaires. Ils sont accusés d'avoir agressé deux étudiants dans la rue à Lyon la nuit du 21 février dernier. Les deux jeunes hommes rentraient d'une soirée vers 4h du matin quand une voiture de police les a frôlés vers la place Saint-Nizier.

"Quand la voiture est passé, mon ami s'est juste exclamé 'oh ! Attention!' On n'avait même pas vu que c'était une voiture de police. Ils sont sortis du véhicule, ils ont poussé mon ami et au moment où on partait, j'ai dit 'bravo, elle est belle la police !' Le policier qui était 4-5 mètres derrière s'est mis à courir sur moi et m'a fait une balayette par derrière. Je suis tombé sur le poignet que je me suis fracturé", témoigne Benoît, l'un des deux étudiants.

Une "bavure" ou une "gestuelle de raison"?

A cause de sa fracture, le jeune homme s'est vu prescrire 100 jours d'ITT et a dû refuser deux offres d'emploi.

Pour l'avocat de Benoît, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, il s'agit clairement d'une "bavure parce qu'il n'y a pas de cadre légal à cette intervention". Et de préciser : "Il n'y a aucune menace. Les fonctionnaires de police se rendent sur une autre intervention. Ils s'arrêtent pour le plaisir de corriger des gens qu'ils prennent pour d'autres".

Néanmoins, l'avocat des deux policiers, Me Gabriel Versini, répond qu'il n'y a eu aucune sanction de la hiérarchie contre ses cliens. Selon lui, la réponse était graduée.

Les forces de l'ordre "ont appliqué les GTPI, les gestes technique professionnels d'intervention, applicables au sein de la police nationale et enseignés en école de police. Il ne peut pas y avoir d'acte de violence. Il y a une gestuelle débridée d'un côté et une gestuelle de raison de l'autre", assure l'avocat.

Les deux policiers encourent cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Gwenaël Windrestin avec Benjamin Rieth