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Lille: deux militants vegans radicaux condamnés à 10 et 6 mois de prison ferme

Quatre militants vegans radicaux ont été reconnus coupables de dégradations sur une quinzaine de commerces, restaurants ou boucheries à Lille et dans son agglomération.

Il s'agissait de l'un des premiers procès de ce genre. Deux militants antispécistes ont été condamnés à 10 et 6 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Lille ce lundi après-midi. Leur peine a été assortie de trois ans de mise à l'épreuve après avoir été reconnus coupable d'avoir dégradé ou incendié une quinzaine de commerces, boucheries ou restaurants à Lille et dans son agglomération. Deux autres militantes ont écopé de six mois de prison avec sursis.

Il y a à peine quelques mois, à la fin de l'année 2018, les commerces lillois qui vendent de la viande ou de la fourrure animale, ont été la cible d'une série de vandalisme. Une violence qui est allée crescendo allant des tags en lettres de sang, aux vitrines cassées, jusqu'à l'incendie des locaux. Certaines enseignes ont été visées à deux reprises par un groupe d'individus, qui avancent toujours le visage caché. 

"Le tribunal, dans ses motivations, a insisté sur le caractère de dangerosité et des individus", s'est félicité Me Damien Legrand, l'avocat des commerçants victimes, qui a rappelé le risque de récidive.

Regrets

Dans cette affaire, tous se sont accordés pour qualifier le profil de ces militants d'atypiques. Agés entre 23 et 39 ans, ces trois femmes et cet homme n'étaient jusqu'alors pas connus des services de police. Tous étaient insérés socialement et professionnellement. L'une d'entre eux était toutefois connue des services de renseignements territoriaux pour son appartenance au milieu vegan. "Nous avons été perturbés par leur mode de défense, détaille Me Legrand. Ils ont reconnu qu'à moitié leurs actes pour tenter d'échapper aux conséquences."

Et d'ajouter: "Ce n'est pas la ligne de défense de militants qui assument leurs gestes."

Les deux plus lourdes condamnations, fidèles aux réquisitions émises par le parquet, ont été prononcées à l'encontre de Cyrile, un médiateur social de 23 ans et Mathilde, une puéricultrice de 29 ans. Le premier a écopé de 18 mois de prison, dont 8 avec sursis et la seconde à 15 mois de prison dont 9 avec sursis. Des peines aménageables. "Ce sont des peines qui tiennent compte des regrets exprimés et de ce qu'on avait perçu de la personnalité des prévenus qui ont commis des actes dans un contexte militant mais qui ne sont pas des personnes dont la dangerosité nécessite un mandat de dépôt", a estimé pour sa part Me Muriel Ruef, l'avocate des deux coupables.

Justine Chevalier