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Les sordides carnets d'un chirurgien suspecté de viols en série sur des mineurs

Un chirurgien, qui a exercé en Bretagne mais aussi en Charente-Maritime, va être jugé dans quelques mois pour "viol sur mineur" et "agression sexuelle sur mineur". Il est soupçonné d'avoir abusé de deux de ses nièces et d'une petite voisine, mais les investigations se poursuivent pour d'autres faits éventuels. L'homme de 68 ans a consigné dans des carnets les prénoms de 200 enfants, accompagnés de scènes de sévices qu'il leur aurait infligé. Son avocat parle seulement de fantasmes.

Il aurait profité de sa position et de son aura pendant de nombreuses années pour abuser sexuellement d'enfants. Le parcours criminel de ce médecin à la retraite s'est achevé quand l'une de ses jeunes victimes de 6 ans s'est confiée à sa mère. Elle raconte que leur voisin, cet homme de 68 ans, l'a violée. Des faits qui remontent à 2017 et pour lesquels Joël Le Scouarnec sera jugé dans les prochains mois. Un viol mais aussi des agressions sexuelles sur trois autres victimes, toutes mineures, pour lesquels il comparaîtra devant la cour d'assises de Charente-Maritime.

Les investigations sur ce chirurgien, à l'époque en poste à l'hôpital de Jonzac, une commune paisible au sud de Saintes, débutent avec la plainte des parents d'une fillette de 6 ans. L'enfant leur a confié que l'homme, qui habite la maison à côté de la leur, s'est dénudé devant elle alors qu'elle jouait seule au fond du jardin. Mais rapidement la petite fille, accompagnée par les enquêteurs, va livrer d'autres détails après trois auditions.

"Il va lui dire 'touche moi le sexe' à travers le grillage, et lui, excité par les choses, va passer sa main à travers le grillage et va violer ma cliente", relate auprès de BFMTV.com Me Francesca Satta, l'avocate de l'enfant.

"Le vrai personnage"

Le chirurgien de 68 ans nie farouchement le viol de l'enfant, mais avoue l'agression sexuelle. Mais lors des auditions, il reconnait d'autres agressions sexuelles, certaines commises sur deux de ses nièces lorsqu'elles étaient mineures. Les faits dont est soupçonné le médecin ont été commis à la fin des années 80 et au début des années 90 et jusqu'à 2017, ce qui lui vaut d'être renvoyé également pour "agression sexuelle incestueuse sur mineur de 15 ans". D'autres faits se seraient produits sur des patients à l'hôpital.

Si les témoignages de la direction de l'hôpital et de ses collègues ne révèlent aucun doute sur ce chirurgien, certes solitaire, mais séparé de son épouse et père de trois enfants avec lesquels il n'a plus de contact, les perquisitions de son domicile en 2017 vont révéler une face sombre. Dissimulés jusque sous le parquet, les enquêteurs vont découvrir des poupées, certaines avec des chaînes autour des poignets, des photos de lui nu avec des perruques sur la tête. 

"C'est quand on va pousser cette porte, procéder à ces perquisitions, qu'on va découvrir le vrai personnage et qu'on va mesurer l'ampleur du problème le concernant", estime Me Satta.

Il reconnait les agressions sexuelles mais pas les viols

Les enquêteurs vont surtout mettre la main sur des carnets dans lesquels sont consignés les 200 prénoms de petites filles et de petits garçons, comme révélé par La Charente Libre. A côté de ces prénoms, le médecin, qui a pratiqué dans les hôpitaux de Lorient, Quimperlé, Vannes, pour la Bretagne depuis les années 1990, mais aussi à Jonzac en Charente-Maritime entre 2008 et 2017, décrit des scènes de viols ou de sévices qui se produisent lors de son travail. Le parquet de La Rochelle a ouvert une enquête préliminaire pour déterminer si les faits se sont réellement produits, identifier et entendre d'autres éventuelles victimes.

Pour l'avocat de Joël Le Scouarnec, il ne s'agit que de "fantasmes". "Rien ne permet de prouver que ces scènes se sont déroulées", insiste Me Thibaut Kurzawa. Son client vit d'ailleurs, selon lui, "son arrestation comme un véritable soulagement".

"Il savait qu'il serait arrêté, il tente de comprendre comment il en est arrivé là, poursuit le conseil. C'était devenu maladif. Il n'est pas du tout dans le déni, il reconnait le caractère odieux de ses actes, il ne conteste pas les atteintes sexuelles pour lesquelles il est renvoyé devant la cour d'assises".

En 2005, le chirurgien avait déjà été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour détention d'images à caractère pédopornographique" par le tribunal correctionnel de Vannes.

Justine Chevalier