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Les policiers municipaux au ministère de l'Intérieur pour réclamer des armes

Les syndicats de policiers municipaux sont reçus ce lundi au ministère de l'Intérieur. Sollicités dans le cadre de l'état d'urgence, ils réclament un armement généralisé pour assurer leurs missions.

Tous ont encore en mémoire l'assassinat de Clarissa Jean-Philippe. En janvier 2015, cette policière municipale de Montrouge tombait sous les balles d'Amédy Coulibaly, le preneur d'otage de l'Hypercacher de la porte de Vincennes. Elle ne portait alors pas d'arme. Ce lundi, les syndicats des policiers municipaux sont reçus au ministère de l'Intérieur. Leur demande? Un armement généralisé.

Aujourd'hui, 45% des policiers municipaux seraient armés, selon les chiffres de leur syndicat de défense. Insuffisant dans un contexte de menace terroriste. "On nous demande aujourd’hui pour certaines unités de surveiller des lieux de culte, des lieux de rassemblement, des manifestations sur chaque commune, explique Frantz Michel, secrétaire adjoint du syndicat FO police municipale. Mais a contrario les policiers municipaux présents sur le terrain n’ont pas les moyens suffisants pour effectuer ce travail."

"Il faut que les Français comprennent bien qu’aujourd’hui on leur explique que la sécurité maximale est assurée alors que c’est faux", insiste-t-il.

Problème de formation

Le choix d'armer ou non les fonctionnaires municipaux reviennent aux maires des communes et dans certains cas aux préfets. Si de plus en plus de communes dotent leurs policiers d'armes à feu, le type d'armement reste inadapté face aux équipements des terroristes qui se procurent Kalachnikovs ou fusils d'assaut. "Nos collègues policiers municipaux sont en danger", renchérit Christophe Léveillé, secrétaire régional FO Territoriaux.

La question de l'armement des policiers municipaux est prise très au sérieux dans les plus hautes sphères de l'Etat. En novembre dernier, juste avant les attentats du 13 novembre, François Hollande le concédait: les fonctionnaires municipaux sont "eux aussi exposés au risque" terroriste. Une exposition qui s'est renforcée après les attaques de Paris mais également après l'attentat de Nice.

Sollicité dans le cadre de l'état d'urgence, les policiers municipaux sont sur le terrain pour assurer des missions loin de leurs prérogatives habituelles qui sont de prévenir les incivilités et gérer la circulation. L'hésitation des maires à franchir le pas repose notamment sur une question de coût mais également de formation. D'autant que les syndicats réclament que les policiers municipaux soient équipés du même calibre que leur collègues nationaux, soit un pistolet automatique Sig Sauer 9 mm et qu'ils puissent conserver leur arme même quand ils sont hors service. Une décision qui a été pérennisée en dehors de l'état d'urgence.

J.C. avec A.G.