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Les nouvelles caméras-piétons pour policiers et gendarmes déployées à partir de ce jeudi

Les caméras-piétons seront généralisées à partir du 1er janvier 2021. (photo d'illustration)

Les caméras-piétons seront généralisées à partir du 1er janvier 2021. (photo d'illustration) - JACQUES DEMARTHON

De nouvelles caméras-piétons destinées aux policiers et gendarmes seront déployées dès ce jeudi auprès de 2000 patrouilles. Le dispositif a été salué par la communauté policière.

Une nouvelle génération de caméras-piétons destinée aux policiers et gendarmes sera déployée dès ce jeudi auprès de 2000 patrouilles pour commencer, comme l'a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur devant le congrès du syndicat de policiers Unité SGP Police. Le déploiement de ces nouvelles caméras-piétons annoncé le 14 juillet dernier par le président Emmanuel Macron sera achevé "d'ici à la fin du mois de septembre", a précisé Gérald Darmanin.

Lors de son déplacement dans la Vienne au Congrès d'Unité SGP Police FO, le ministre a présenté le nouveau modèle de caméras-piétons qui équipera les forces de l'ordre. L'ancien modèle était tellement inadapté (trop lourd, faible autonomie...) qu'il était peu ou pas utilisé.

Face à cette situation, le ministre de l'Intérieur avait annoncé en septembre dernier la commande de 30.000 caméras-piétons pour un montant de 15 millions d'euros. Le marché a été remporté par Motorola Solutions. "Plus simples d'usage, plus robustes, et avec une autonomie de douze heures très supérieure au précédent modèle, ces nouvelles caméras-piétons ont été testées pendant plusieurs semaines par les policiers et gendarmes dans des situations opérationnelles", a ajouté Gérald Darmanin.

Une garantie de l'intégrité des enregistrements

Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a précisé que cette caméra sera "accrochée à l'uniforme" du policier ou du gendarme, et "utilisée en intervention afin d'apaiser des situations conflictuelles et limiter les débordements éventuels". Selon le ministère, elles permettront "également d'objectiver des infractions et d'apporter les éléments nécessaires à la poursuite de leurs auteurs par la collecte de preuves".

Ces caméras seront dotées "de dispositifs techniques permettant de garantir l'intégrité des enregistrements et la traçabilité des consultations". En septembre dernier, Gérald Darmanin avait expliqué qu'il faudrait une modification législative pour autoriser les policiers et gendarmes à "regarder en quasi direct les images" enregistrées par leurs caméras.

La loi sur la sécurité globale a élargi la possibilité de visionner ces images et autorisé leur transmission en temps réel à la salle de commandement, dans certaines conditions. Pour l'instant, cette possibilité de transmission en temps réel n'est pas activée, dans l'attente des décrets d'application l'autorisant.

Un dispositif salué par la communauté policière

En septembre, Grégory Joron avait estimé que les forces de l'ordre étaient "passées à côté de cette guerre de l'image pendant le mouvement des gilets jaunes", avant de saluer la venue de nouvelles caméras-piétons: "Tant mieux, si on prend enfin la dimension de la communication au XXIe siècle".

Clément, gardien de la paix de 23 ans, en poste à Evry, a expliqué mercredi à l'AFP que tous attendaient cette nouvelle caméra, plus pratique. "Lors des contrôles, l'utilisation de la caméra permet d'aplanir les tensions", a-t-il dit. Il a relevé pour s'en féliciter la possibilité "d'extraire les images pour appuyer des faits". "L'attache est beaucoup plus robuste. Il y a un bouton en son centre pour l'actionner".

Michael, technicien et policier à Evry, a souligné son poids "très léger, 130 g". "Pour l'instant, il n'est pas possible d'extraire les images avant la parution des décrets d'application", a-t-il rappelé, tandis que Guillaume, officier également en poste à Evry, a expliqué pour sa part que l'utilisateur ne pourrait "pas extraire les images" (ce qui est de la responsabilité de l'autorité hiérarchique), mais seulement "les consulter".

S.B.M avec AFP