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Le service militaire volontaire ouvre ses portes aux 100 premières recrues

Des militaires, image d'illustration.

Des militaires, image d'illustration. - Eric Cabanis - AFP

La caserne mosellane de Montigny-lès-Metz a été choisie pour inaugurer le service militaire volontaire (SMV), un nouveau dispositif visant à favoriser l'insertion des jeunes en difficulté. Les 100 premiers volontaires vont faire leur entrée dans le centre ce jeudi.

Le service militaire volontaire (SMV), un dispositif inédit lancé par l'Elysée après les attentats de janvier, va ouvrir ses portes jeudi à Montigny-lès-Metz, en Moselle, aux 100 premières recrues, des jeunes de 18 à 25 sans diplômes ou en difficulté qui, pendant 6 à 12 mois, adopteront treillis et habitudes militaires et bénéficieront d'une formation professionnelle. 

Ces cent premières recrues seront hébergées en chambre de six, avec accès au wifi et à la télévision, et seront nourris sur place, indique France Bleu Lorraine Nord. Mais les ciseaux du coiffeur sont déjà affûtés, précise pour sa part le Républicain Lorrain: les jeunes hommes et les jeunes femmes devront adopter les coiffures réglementaires dès leur arrivée.

"Au programme d'une journée type: réveil matinal, travaux d'intérêt général, du sport, et puis par la suite une formation militaire avec de la discipline. Ils apprendront aussi à marcher au pas, ce qui leur permettre d'avoir un cadre militaire structurant. Enfin, il y aura une formation professionnelle dans des centres de formation ou des écoles militaires", explique sur France Bleu le lieutenant-Colonel Dugast, chef du service militaire volontaire à Montigny-lès-Metz. 

Cinq filières professionnelles sont proposées pour l'ouverture du centre: mécanique, espace verts, restauration bâtiment et encadrement du centre.

Formation professionnelle, cadre militaire

L'armée avait lancé début septembre une campagne officielle de recrutement -avec affiches et compte Facebook- pour le SMV, qui vise à offrir une formation à des jeunes en difficulté et à leur inculquer le "vivre ensemble" dans un cadre militaire.

Les recrues découvriront dans un premier temps "la vie en collectivité dans un cadre militaire" avec port de l'uniforme, vie en caserne, pratique du sport et du secourisme, avait alors expliqué le général Vianney Pillet commandant le SMV lors d'un point de presse.

Ils recevront ensuite une formation professionnelle, en alternance en entreprise, en vue d'une embauche, la totalité du SMV pouvant durer de six à douze mois. "Il ne s'agit pas pour nous de former des soldats. Il n'y aura pas de formation au combat, au tir, pas d'opérations ou de participation à l'opération Sentinelle mais une focalisation sur la formation", avait-il souligné.

Les volontaires pourront consolider leurs connaissances de base (lecture, calcul..), "retrouver par le sport des habitudes de vie saines et le goût de l'effort", "développer leur esprit citoyen" et acquérir le permis de conduire.

Indemnité de 313 euros par mois

Engagés dans l'armée, ils seront rémunérés à hauteur de 313 euros par mois. L'Armée de Terre, chargée de ce projet initié par le président François Hollande après les attentats de janvier, compte recruter et former 300 jeunes pour la première année du SMV, d'ici l'été 2016, et 1.000 au total d'ici septembre 2017. 

Ce SMV est la prolongation en métropole d'un dispositif existant déjà Outre-mer, le service militaire adapté (SMA).

Après Montigny-lès-Metz, d'autres centres seront ensuite inaugurés à Brétigny-sur-Orge (Essonne) en novembre, puis La Rochelle et Châlons-en-Champagne (Marne).

L'expérimentation est financée par le ministère de la Défense à hauteur de 40 millions d'euros. Elle mobilisera une centaines d'encadrants militaires pour l'année 2015-16 puis 250 au-delà. Plusieurs sociétés - dont la SNCF, Euro Disney et PSA - se sont déjà engagées à former et embaucher des volontaires.

la rédaction avec AFP