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Le policier qui a abattu un homme devant une boîte de nuit marseillaise mis en examen

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Le policier qui a abattu samedi à l'aube un homme devant une boîte de nuit à Marseille après un échange de coups de feu a été mis en examen pour "homicide volontaire". Il n'était pas en service et a tiré avec une autre arme.

Un policier marseillais a été mis en examen ce dimanche pour "homicide volontaire" après un échange de coups de feu mortel la veille à l'aube avec un autre homme devant une boîte de nuit, en dehors de ses heures de service.

Conformément aux réquisitions du parquet, le policier âgé d'une cinquantaine d'années n'a pas été incarcéré mais placé sous contrôle judiciaire à l'issue de sa garde à vue, a précisé le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. "Une information judiciaire a été ouverte" et confiée à une juge d'instruction "pour savoir si la légitime défense" peut être retenue, comme le privilégie le parquet au vu des premiers éléments de l'enquête, a-t-il poursuivi.

Le jeune homme de 27 ans a été tué au terme d'un échange de coups de feu très nourri, avec sept ou huit tirs de chaque côté, samedi vers 4h30 du matin. Le policier n'a pas tiré avec son arme de service, mais une autre. 

La légitime défense "évidente", selon l'avocat du policier

Peu avant, le jeune homme s'était énervé après avoir été refoulé par le portier. Ce dernier, ne parvenant pas à lui faire entendre raison, avait alors fait appel au policier, un client habitué des lieux qui "buvait un verre avec un ami", a poursuivi l'avocat du policier, Gérald Pandelon. Selon lui, la légitime défense est "évidente": le jeune homme "très défavorablement connu des services de police était vraiment venu pour en découdre, pour tuer et semer la terreur", a affirmé Gérald Pandelon.

Le policier, père de famille, a répliqué en tirant "pour se défendre et protéger les autres", a-t-il assuré. Selon lui, le pistolet Glock 9 mm qu'il a utilisé pour tirer est assez similaire à l'arme de dotation des policiers.

Une enquête distincte a été ouverte pour savoir dans quelles conditions exactes ce tireur sportif détenait cette arme ce soir-là, dans un quartier situé à deux pas du Vieux-Port et connu pour ses bars et boîtes de nuit. 

"Trop violent sur la voie publique"

Une fusillade retentissante avait déjà éclaté en 2015, à quelques mètres de là, faisant un mort et plusieurs blessés graves après une altercation entre un homme et le videur d'un bar.

Aujourd'hui, le policier est dans un "état psychologique très fragilisé", a ajouté son avocat. Cette affaire vient plusieurs années après d'autres démêlés judiciaires et administratifs pour ce policier, un ancien de la BAC. En conflit avec l'ancien directeur départemental de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône, il avait assigné ce dernier, en vain, devant le tribunal pour des insultes publiques. En retour, le haut gradé lui avait reproché des menaces et saisi la justice pour dénonciation calomnieuse. Le tribunal correctionnel de Marseille l'avait condamné en novembre 2016 à 3000 euros d'amende, une peine dont il a fait appel, selon son avocat.

Lors du procès, l'ancien responsable de la police marseillaise avait expliqué avoir dû exfiltrer le policier de la BAC "parce qu'il était trop violent sur la voie publique", rappelle le quotidien La Marseillaise.

Un autre policier marseillais a été condamné fin 2016 à douze ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'un jeune de 19 ans, commis en dehors de ses heures de travail. Frédéric Herrour avait tué d'une balle dans le dos Yassin Aibeche, un lycéen sans histoire, dans une épicerie des quartiers nord.

C.H.A. avec AFP