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Le patron des policiers, Jean-Marc Falcone, ne veut par revoir les règles de légitime défense

Le patron des policiers, Jean-Marc Falcone s'est exprimé sur les manifestations des forces de l'ordre qui se déroulent chaque depuis six jours.

Le patron des policiers, Jean-Marc Falcone s'est exprimé sur les manifestations des forces de l'ordre qui se déroulent chaque depuis six jours. - Miguel Médina - AFP

Livrant son regard sur la grogne des forces de l'ordre qui s'exprime, chaque nuit, dans la rue, le patron des policiers se montre plutôt solidaire avec les revendications affichées. A une exception près.

Le patron des policiers Jean-Marc Falcone n'est "pas favorable à ce stade" à une révision des règles de la légitime défense, comme le réclament les policiers en colère qui manifestent depuis lundi, et aussi les syndicats. Interrogé dans le Journal du Dimanche pour savoir si les quatre policiers blessés lors de l'attaque au cocktail Molotov, le 8 octobre à Viry-Châtillon (Essonne), aurait pu tirer sur leurs agresseurs, le directeur général de la police nationale (DGPN) répond: "oui, sans problème".

"Pas favorable à ce stade"

"On les attaque, on les empêche de sortir de leur voiture, on menace de les brûler, à mon sens tous les éléments constitutifs de la légitime défense étaient engagés. Ils auraient tout à fait pu tirer", estime-t-il.

"Quant à changer les textes actuels (sur la légitime défense), on peut toujours y réfléchir mais je n'y suis pas favorable à ce stade, considérant que les règles d'emploi des armes ont été récemment élargies par la loi du 3 juin 2016", renforçant la lutte contre le crime organisé et le terrorisme.

"Il faut revoir les missions"

Concernant la question des charges dites "indues", comme les gardes statiques, de palais de justice ou de préfectures, et de détenus à l'hôpital, dont les policiers ne veulent plus, "ils ont raison ! Je leur dis qu'il faut revoir les missions", assure Jean-Marc Falcone, précisant notamment que la garde de détenus hospitalisés "mobilise 300 policiers".

Au sujet des critiques des policiers contre la justice, il estime que celle-ci "doit mieux expliquer ses décisions ou ses orientations de politique pénale aux policiers". Ces derniers "ont le sentiment que la justice n'apporte pas de réponse à la hauteur de ce qu'ils vivent", selon lui.

Le patron des policiers ne croit "pas du tout" qu'il y ait "la patte" du FN derrière le mouvement de colère, comme l'a dit mercredi le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. "C'est au départ un mouvement spontané. Je ne crois pas que le FN soit derrière tout cela", juge-t-il, précisant toutefois que si le mouvement devait durer, il n'excluait pas qu'il soit victime d'une récupération politique".

"Hors de question de manifester devant l'Elysée"

Jean-Marc Falcone prévient les policiers qu'il est "hors de question de manifester devant le ministère de l'Intérieur et l'Élysée. Mercredi et jeudi soir, il y a eu des tentatives. Si cela devait aller plus loin, chacun prendra ses responsabilités".

Sur la suite du mouvement, le patron des policiers est "très prudent", cela "peut durer". "Je vois bien que les syndicats eux-mêmes sont inquiets, se sentent débordés", dit-il, assurant qu'à "aucun moment" il n'a "pensé à démissionner". 

Jérémy Maccaud avec AFP