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Le "Madoff boulonnais", accusé d’une escroquerie à 9 millions d’euros, condamné à deux ans et demi de prison

Justice

Justice - AFP

Le sexagénaire promettait des placements juteux aux clients de sa société de courtage.

Le "Madoff boulonnais", accusé d’avoir détourné 9 millions d’euros en promettant des placements juteux aux clients de sa société de courtage, a été condamné ce jeudi à deux ans et demi de prison ferme par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Cette peine "est la reconnaissance judiciaire qu'il n'a rien masqué, rien caché, qu'il a participé à l’enquête et qu'il s'est montré d'une grande sincérité dans les regrets qu'il a exprimés", a réagi auprès de l'Agence France Presse (AFP) son avocate Me Fabienne Roy-Nansion.

Cinq ans de prison dont deux ferme avaient été requis à son encontre à l'audience du 5 mars.

72 personnes ont porté plainte

Poursuivi pour escroquerie en bande organisée, le sexagénaire était jugé pour des faits commis entre 2001 et 2012. Au total, 72 personnes ont porté plainte.

"J’ai voulu faire capitaliser 170.000 euros. J’ai tout perdu", avait déploré Alain, l'un des plaignants, à l'audience. "Je suis arrivé à la fin de ce qu’on appelle la chaîne de Ponzi. L’argent que je lui ai confié a servi à renflouer les personnes arnaquées avant moi". 

La pyramide avait vacillé lorsqu’un premier couple, souhaitant récupérer l’argent investi, avait déposé plainte en octobre 2010. 

Ancien banquier, puis assureur, Serge L., avait profité de son "excellente réputation" pour créer la société "VIP Consultant" en 1997 avec son associé, agent d’assurance GAN à Draguignan (Var) - qui s'est suicidé en 2011 quand les enquêteurs ont commencé à remonter à lui.

Mais en 2001, les marchés financiers s'écroulent après les attentats de New York. VIP Consultant perd alors 1,5 millions d’euros.

"La descente aux enfers"

"J’ai voulu avertir les clients, mais (mon associé) Pascal B. avait beaucoup plus à perdre. Il m’a dissuadé et m’a dit qu’on allait se refaire. A partir de là, ça a été la descente aux enfers", avait-il relaté. 

Serge L. pense rebondir en 2004 lorsqu’il rencontre Jean-Bernard B, un homme d’affaires qui lui parle d’une mine d’or en Afrique et lui présente "des documents tamponnés par le gouvernement et les services douaniers du Burkina Faso" faisant état d’un stock d’or. Serge L. lui envoie l’argent de ses clients. Mais Jean-Bernard B. ne le paie pas en retour. 

Également jugé le 5 mars en son absence, Jean-Bernard B., objet d’un mandat d’arrêt depuis mai 2019, a été condamné à cinq ans de prison.

"Tous deux ont par ailleurs été condamnés solidairement à verser 4,72M€ de dommages-intérêts aux parties civiles", a affirmé le parquet.

F.B. avec AFP