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Le frère de Salah Abdeslam lui "conseille de se rendre"

Les enquêteurs poursuivaient mardi la traque de Salah Abdeslam, qui serait le huitième homme des attentats de Paris. Dans un entretien accordé à BFMTV, son frère Mohamed Abdeslam lui conseille de se rendre.

Les enquêteurs pensent que la troisième équipe des attentats du 13 novembre était composée des frères Abdeslam, deux Français résidant en Belgique: Brahim, 31 ans, qui est mort en kamikaze boulevard Voltaire, et Salah, 26 ans, activement recherché par la police.

Leur frère Mohamed Abdeslam vivait avec eux à Molenbeek, une commune de l'agglomération bruxelloise où sont passés une partie des kamikazes présumés. Placé un temps en garde à vue pour permettre aux enquêteurs de l'auditionner, il est ressorti libre.

Dans un entretien accordé à BFMTV, le frère de l’homme le plus recherché d’Europe lui "conseille de se rendre".

"Nous condamnons"

"Moi et toute ma famille condamnons formellement toute forme de violence. Nous sommes choqués par ce qu'il s'est passé à Paris", tient tout d'abord à déclarer Mohamed Abdeslam. "Nous avons appris par les médias ce qu'il s'était passé. En aucun cas, on ne se doutait que des membres de notre famille étaient impliqués dans cette tragédie".

"Evidemment je lui conseille se rendre à la police", répond-il à BFMTV. "Le mieux serait de se rendre afin que la justice puisse faire toute la lumière sur cette histoire", ajoute-t-il tout en rappelant que son frère est pour l'instant "présumé innocent".

Conformément aux usages, Mohamed Abdeslam a été placé lui-même en garde à vue samedi. Il a été relâché lundi "sans la moindre inculpation, ce qui veut dire qu'il n'y a pas le moindre indice contre lui", a précisé son avocate. Il se décrit comme un travailleur, quelqu'un qui a de l'ambition et un musulman non pratiquant. 

Salah, lui, priait et ne buvait pas. Il se rendait de temps en temps à la mosquée. Mais il s'habillait normalement, il ne portait pas de tenue qui laisser penser qu'il s'était radicalisé, selon son frère.

"Nous ne sommes pas tous les mêmes"

"Nous ne sommes pas tous les mêmes", se démarque cet employé municipal de Molenbeek. "J'ai entendu certaines choses désagréables à mon encontre lors de ma détention, certains m'avaient presque même accusé. Nous aussi on pense aux victimes, aux familles des victimes, nous n'avons pas voulu", conclut Mohamed Abdeslam.

K. L. avec Yann-Anthony Noghès