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Le diocèse de Saint-Etienne touché par une affaire de pédophilie

Le prêtre de Saint-Etienne a reconnu les agressions sexuelles (image d'illustration).

Le prêtre de Saint-Etienne a reconnu les agressions sexuelles (image d'illustration). - AFP

Les autorités catholiques de Saint-Etienne ont rendu publics mardi les abus sexuels sur mineurs qu'aurait commis un prêtre dans les années 80. Aujourd'hui âgé de 84 ans, l'homme d'Eglise a été relevé de son ministère.

Il a reconnu les faits. Un prêtre du diocèse de Saint-Etienne, dans la Loire, a été relevé de son ministère, a annoncé le diocèse lui-même, après avoir rendu public les agressions sexuelles dont l'ecclésiastique est soupçonné. Les actes, commis à l'encontre de trois mineurs, remontent aux années 80. Les trois jeunes garçons étaient alors âgés entre 12 et 16 ans.

Le premier signalement à la justice a été effectué en 2000 par la famille de l'une des trois victimes présumées, a détaillé dans un souci de transparence Mgr Sylvain Bataille, l'évêque de Saint-Etienne, lors d'une conférence de presse donnée après des révélations de 20 Minutes Lyon. Deux autres victimes de ces abus sexuels s'étaient manifestées en 2014 puis en mars dernier auprès du diocèse, qui a alerté les autorités. 

"Lorsque la première victime s'est manifestée (...), le prêtre a été relevé de son ministère, qui se trouvait alors à Saint-Etienne, et placé dans une maison de retraite où il est toujours, avec un suivi psychologique", a souligné Mgr Bataille, évoquant en outre "une procédure canonique toujours en cours" à l'encontre du prêtre.

Libérer la parole

Le prêtre, interrogé par son diocèse, a reconnu ces faits qui remontent à plus de 30 ans. "Le prêtre en question, que j'ai rencontré à trois reprises, reconnaît et regrette profondément ses gestes qui ont été dénoncés au fil du temps", assure Mgr Bataille. "Il y a peut-être eu d'autres victimes, mais il affirme ne pas en avoir un souvenir précis", a ajouté l'évêque. Pour ces trois victimes, les faits sont prescrits pour la justice.

Aujourd'hui quadragénaires, les trois hommes qui ont brisé le silence se sont rencontrés sur une plateforme de mise en contact de victimes d'abus sexuels, coabuse.fr. Ils espèrent que leur initiative sera suivie par d'autres alors que ce prêtre, "charismatique et appréciée des familles", avait officié dès les années 60 successivement à La Talaudière, à Saint-Just-Saint-Rambert puis à Saint-Etienne. S'ils avaient dénoncé ces agressions, à l'époque, leurs familles avaient affiché un certain scepticisme face à leurs accusations.

"Nous devions parler pour qu’il rende des comptes à la justice et pour permettre à d’autres personnes, non prescrites, de porter plainte", explique l'un d'eux au quotidien gratuit. 

Juliette Chevalier avec AFP