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Le "dentiste de l’horreur" sera jugé début 2016

Le dentiste néerlandais qui exerçait en France a mutilé de nombreux patients, dont une centaine ont porté plainte (illustration).

Le dentiste néerlandais qui exerçait en France a mutilé de nombreux patients, dont une centaine ont porté plainte (illustration). - Loïc Venance - AFP

Extradé des Pays-Bas en janvier dernier, un dentiste néerlandais qui pratiquait en France, accusé d'avoir mutilé ses patients, sera jugé en février ou mars 2016. Après l'ouverture d'une enquête, il avait pris la fuite.

Le dentiste néerlandais fera bientôt face à ses victimes. Dents saines arrachées ou limées, mâchoires disloquées, infections: Mark Van Nierop, un dentiste néerlandais qui s'était installé à Château-Chinon, dans la Nièvre, a mutilé des centaines de ses patients. Le dentiste facturait également des soins inexistants et gonflait la note.

Le collectif de victimes attend avec impatience son procès, qui aura lieu à la fin du mois de février ou au début du mois de mars prochain à Nevers, rapporte Le Journal du Centre. "J'ai signalé pour la première fois les problèmes liés aux soins et aux facturations du dentiste en janvier 2012", explique au quotidien Nicole Martin, la présidente du collectif de victimes. "Il a fallu attendre mai 2013 pour pouvoir déposer plainte. Nous verrons peut-être l'issue en février ou mars 2016". Sur plus de 2.800 victimes recensées, une centaine ont porté plainte.

A l'époque de son installation à Château-Chinon, en 2008, Mark Van Nierop avait pourtant été accueilli à bras ouverts, dans cette ville touchée par la désertification médicale. Il faudra quelques années pour que les pratiques du médecin alertent les patients. "Elle revenait parce qu'elle avait encore mal", explique à l'Obs le père d'une ancienne patiente. "Il (le dentiste, Ndlr) expliquait que c'était la dent d'à côté. Cela a duré des mois". Après les premières plaintes, le dentiste, qui avait déjà sévi aux Pays-Bas, a été radié de l'Ordre régional des médecins en 2012, puis mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en 2013.

Une cavale jusqu'au Canada

Alors qu'il est poursuivi pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente", "escroqueries" et "faux et usage de faux", Mark Van Nierop prend la fuite. Un mandat d'arrêt international est délivré contre lui en décembre 2013. Il est arrêté près d'un an plus tard au Canada en septembre 2014.

Le sulfureux docteur avoue pendant son interpellation le meurtre de sa femme aux Pays-Bas en 2006. Celui que la presse néerlandaise a surnommé le "dentiste de l'horreur" est dès lors extradé du Canada vers son pays d'origine. L'attente se poursuit pour les victimes françaises. En janvier dernier, il est finalement extradé des Pays-Bas vers la France. Outre le préjudice moral, le préjudice financier des victimes s'élève à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour certains patients. Malgré l'échéance pénale qui se rapproche, l'indemnisation est encore un autre combat: le dentiste serait insolvable.

C. B