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"La modestie n'a jamais été mon fort": Bernard Tapie se met en scène à son procès

Le procès de Bernard Tapie dans l'affaire Adidas/Crédit Lyonnais a commencé lundi. L'homme d'affaire est jugé pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics" jusqu'au 5 avril. Pour cette première audition, Bernard Tapie, s'est montré combatif.

Au deuxième jour de son procès pour "escroquerie" et "détournements de fonds publics", Bernard Tapie a fait le show pour le public venu assister à sa première audition par les juges qui avait lieu ce mardi après-midi au tribunal correctionnel de Paris.

L'homme d'affaires a été auditionné sur l'arbitrage qui lui a permis d'empocher 403 millions d'euros en 2008 pour solder son litige avec le Crédit Lyonnais. Tel un comédien sur scène, Bernard Tapie a rendu coup pour coup à la barre, retraçant l'origine de son bras de fer judiciaire avec le Crédit Lyonnais de façon théâtrale. 

"La modestie n'a jamais été mon fort"

"La modestie n'a jamais été mon fort", a-t-il par exemple lancé avec emphase, la voix assurée. "Mais franchement Addidas était l'affaire la plus facile à redresser et j'en ai fait une marque à la mode".
"Alors pourquoi avoir demandé au Crédit Lyonnais de la revendre au début des années 90?", l'a alors interrogé la présidente. "Parce qu'entre devenir un très très riche industriel et devenir un ministre moyennement riche, j'ai choisi la deuxième option. Si c'était à refaire, je ne le referais pas", lui a répondu l'homme d'affaire et ancien ministre.

Toujours à l'aise à la barre, Bernard Tapie s'est montré combatif, malgré sa maladie. Lors de l'audience, lorsqu'on lui demande s'il a besoin d'une pause, il répond : "Ah non! Je suis tellement content qu'on parle du dossier!". 

Suite de l'audition mercredi

Bernard Tapie est même parvenu à faire rire le public et sourire le procureur en lui empruntant ses lunettes pour mieux voir un document sur lequel on l'interrogeait. "Ahlala mes cheveux ont repoussé mais pas ma mémoire !", s'est-il aussi amusé pendant l'audience. 

Le procès reprendra mercredi après-midi, avec la deuxième partie de son audition. Le patron du groupe La Provence, qui lutte à 76 ans contre un cancer de l'estomac, est jugé pendant quatre semaines pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics", aux côtés de cinq co-prévenus. 

Il est reproché à Bernard Tapie d'avoir truqué cet arbitrage, en s'assurant avec son ancien avocat Maurice Lantourne de la "partialité" d'un des trois juges arbitres, Pierre Estoup, afin d'obtenir une décision favorable. Bernard Tapie aurait fait également pression sur ses soutiens "dans l'appareil d'Etat" pour éviter tout recours contre la sentence arbitrale, une sentence depuis annulée au civil pour "fraude".

Alexandra Gonzalez avec Jeanne Bulant