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La menace terroriste "demeure élevée" en France, selon le patron de la DGSI

Nicolas Lerner, patron de la DGSI.

Nicolas Lerner, patron de la DGSI. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le directeur général de la DGSI s'est exprimé ce lundi sur franceinfo. Il a fait le point sur les sujets brûlants de la lutte antiterroriste, du bilan de l'année aux prisons en passant par la question des "revenants".

Nicolas Lerner, le directeur général de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), est intervenu ce lundi sur franceinfo. Dans cette interview, il a dressé le bilan de l'action antiterroriste durant l'année qui s'achève:

"La menace terroriste demeure aujourd'hui élevée en cette fin d'année 2019. Je rappelle que plusieurs attentats ont été tentés. Souvenons-nous de Lyon au mois de mai dernier, souvenons-nous aussi du drame qui s'est passé au sein de la prison de Condé-sur-Sarthe."

"Je rappelle également que les différents services de renseignement, de police, ont déjoué quatre attentats durant l'année 2019", a-t-il poursuivi.

Le profil des terroristes en 2019 

Nicolas Lerner a alors fait le portrait des auteurs de ces projets criminels: "Tous impliquaient des individus français ou étrangers, mais étant nés en France, ayant grandi en France et ayant, dans le cadre de leur parcours pour des motifs extrêmement variés, adhéré à cette idéologie mortifère et nourri une haine à l'égard des institutions." Il a plus tard ajouté que les individus en question ne s'étaient pas rendus "sur zone". 

Les opérations de grande envergure ne semblent plus prendre la tête de l'ordre du jour terroriste selon lui:

"La menace terroriste a évolué dans sa nature. La capacité de groupes terroristes à concevoir et à planifier des attaques depuis l'étranger et à les mener sur le territoire national, y compris avec l'infiltration de combattants jihadistes, cette menace-là, sans avoir disparue, a diminué." 

Péril en prison 

Nicolas Lerner a également évoqué les "revenants": "Ce sont 1300 personnes, françaises ou de nationalité étrangère, qui ont quitté le territoire national pour rejoindre l'organisation Etat islamique. Aujourd'hui, un peu plus de 280 d'entre eux sont d'ores et déjà revenus sur le territoire national. Tous ont été judiciarisés à leur retour."

Concernant les prisons, le directeur général de la DGSI a chiffré à "plus de 500" le nombre d'individus incarcérés pour des faits de terrorisme et à "près de 900" le nombre de détenus de droit commun suspectés de radicalisation.

Il a évalué la réponse de l'Etat à ce péril: "Soyez sûrs de la mobilisation de nos services. Une part importante des renforts humains et budgétaires accordés par l'actuel gouvernement ira à ce sujet du suivi des sortants de prison." "Par ailleurs, le législateur, le 31 octobre 2017, a doté les services de renseignement d'outils nouveaux pour le suivi de ces sortants de prison. Je pense notamment aux mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance", a-t-il enfin posé. 

Robin Verner