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La discrète DGSI médiatise sa campagne de recrutement

La DGSI, qui prévoit de recruter 1200 nouveaux personnels à l'horizon 2022-2024, a décidé ce vendredi de médiatiser sa campagne de recrutement.

Compte sur le réseau social professionnel LinkedIn estampillé Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), vidéo sur la page du ministère de l'Intérieur, partenariat avec des pôles universitaires ou des écoles supérieures mais aussi Pôle Emploi... La DGSI multiplie les initiatives pour pourvoir à ses besoins en ressources humaines et a décidé de le faire savoir.

D'ici 2022-2024, le service de renseignement français prévoit d'embaucher 1200 personnes, pour ce faire, il rompt son silence habituel et lance ce vendredi une campagne de recrutement. Une initiative inédite pour cette maison habituellement éprise de discrétion.

"Mieux faire connaître nos métiers"

"Le métier du renseignement n'est pas réservé aux autres", a déclaré son directeur Nicolas Lerner lors d'une rare prise de parole publique au siège de la Direction à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine.

"Nous n'avons pas de difficultés à attirer les candidats. Le constat que nous faisons et qu'un certain nombre de nos métiers, de nos attentes sont aujourd'hui mal perçus par les candidats potentiels", a-t-il continué. "Nous ne sommes pas les seuls à recruter", a-t-il ajouté, pointant la "concurrence avec des entreprises privées".
"Nous avons tenu, par un certain nombre d'initiatives, à l'ouverture d'un compte Linkedin, la modernisation de notre site internet, le fait d'assumer de présenter les missions de la DGSI de manière beaucoup plus ouverte. Nous tenions à adopter une politique d'ouverture de manière à mieux faire connaître nos missions, nos métiers", a poursuivi Nicolas Lerner face à la presse ce vendredi.

Une habilitation secret-défense

La DGSI connaît, depuis le début de la vague d'attentats qui a frappé la France, une hausse importante de ses effectifs, alimentée par des plans de recrutements décidés par les gouvernements successifs. En 2014, elle comptait 3200 personnes. Elle en dénombre aujourd'hui 4300 et ses effectifs doivent grimper à 5500 à l'horizon 2022-2024. Pour répondre tant aux créations de postes qu'aux flux naturels des départs, notamment en retraite, la DGSI doit procéder à entre 500 et 600 recrutements par an.

"La DGSI est un service actif de police nationale et a vocation à le rester. Une part significative des recrutements supplémentaires a vocation à concerner des policiers de tout corps et de tout grade", a relevé Nicolas Lerner.

Néanmoins les évolutions des menaces, terrorisme, cyber-menaces, contrespionnage, protection des intérêts économiques de la France, "justifient que nous diversifiions totalement les profils quRee nous recrutons", a-t-il précisé.

Analystes susceptibles d'interpréter les renseignements, ingénieurs et techniciens en informatique de tout niveau, linguistes, spécialistes des relations internationales mais aussi juristes et spécialistes des RH: "Il y a de la place pour tout le monde, pour tous les profils", fait valoir Nicolas Lerner. Mais cette nouvelle approche du recrutement ne bouleversera pas les fondamentaux de la DGSI en matière de sécurité, a assuré Nicolas Lerner. L'ensemble des personnels de la DGSI est habilité "secret défense" et fait l'objet de contrôles drastiques de sécurité à l'embauche puis tout au long de leur carrière.

AL, JB avec AFP