BFMTV

Convocations à la DGSI: une journaliste de Quotidien dénonce une tentative d'"intimidation"

Les locaux de la DGSI à Levallois-Perret. - AFP

Les locaux de la DGSI à Levallois-Perret. - AFP - -

Une journaliste de Quotidien a révélé avoir été convoquée par les policiers de la DGSI sur les ventes d'armes françaises à l'Arabie saoudite, après l'annonce des convocations d'autres journalistes de Disclose ou encore du Monde.

Le 14 mai dernier, plusieurs journalistes du site Disclose avaient révélé avoir été auditionnés par les services de renseignement français (DGSI) dans le cadre de leur enquête sur l'utilisation d'armes françaises au Yémen. "Une tentative d’intimidation pure et simple", avaient dénoncé les journalistes Geoffrey Livolsi et Mathias Destal.

Ce mercredi soir dans Quotidien, la journaliste Valentine Oberti a révélé qu'elle aussi avait été convoquée il y a environ "deux mois", le 15 février dernier, dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret, pour une autre affaire. 

"Une procédure que l'on pourrait qualifier d'intimidation"

Valentine Oberti explique avoir été convoquée "parce qu'elle travaillait sur les ventes d'armes françaises à l'Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes unis". En plateau, la journaliste rappelle que le sujet fait régulièrement l'actu avec la question suivante: ces armes sont-elles utilisées dans la guerre au Yémen contre des civils? "Pendant mon enquête, comme pour plein de sujets, j'ai été en contact avec des sources qui m'ont donné des infos sensibles", souligne Valentine Oberti. Puis elle se souvient avoir "voulu confronter la ministre des Armées à ces informations, le 23 novembre dernier à Paris".

"Mais la ministre Florence Parly a esquivé nos questions et ses services ont préféré enclencher immédiatement une procédure judiciaire que l'on pourrait qualifier d'intimidation. Et j'ai été convoquée très officiellement pour "compromission du secret de la défense nationale", raconte la journaliste. 

Entendue par deux personnes

Valentine Oberti raconte ensuite avoir été interrogée à la DGSI par deux personnes en audition libre, pendant moins d'une heure puisque celle-ci a décidé de ne répondre à aucune question au nom de la loi sur la protection des sources. Elle indique également que l'ingénieur du son qui travaillait avec elle a été convoqué au mois d'avril, tout comme la journaliste reporter d'images (JRI) qui faisait partie de l'équipe.

De nouvelles convocations à venir

Dans l'émission de TMC, Valentine Oberti fait aussi savoir que le journaliste Michel Despratx, qui travaille pour Disclose, avait appris sa convocation ce mercredi soir. Elle précise que les termes de cette convocation sont "très étonnants" puisqu'il n'est pas convoqué comme "journaliste auteur de l'enquête" mais comme "simple témoin", ce qui ne lui permet pas d'être assisté d'un avocat ni de garder le silence pour sa défense.

Ariane Chemin, l'une des grandes reporters au Monde, autrice de l'article l'article révélant l'affaire Benalla après le 1er-mai, a elle aussi été convoquée le 29 mai prochain par la DGSI au sujet du sous-officier de l'armée de l'air, Chokri Wakrim, conjoint de l'ex-cheffe de la sécurité de Matignon, Marie-Élodie Poitout, dont les noms sont cités dans le volet russe de l'affaire.

Jeanne Bulant