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François Ruffin se dit surveillé par la DGSI pour sédition, la justice réfute 

François Ruffin devant l'Assemblée nationale le 4 décembre 2018.

François Ruffin devant l'Assemblée nationale le 4 décembre 2018. - Ludovic MARIN / AFP

Le député insoumis affirme dans une vidéo publiée samedi sur Facebook être surveillé par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) pour "sédition" et "complot contre l'Etat". La justice, elle, réfute l'ouverture de quelque enquête à l'encontre de François Ruffin.

François Ruffin, député La France insoumise de la Somme, assure dans une vidéo publiée sur son compte Facebook samedi dernier, être sous la surveillance de la DGSI, la Direction générale de la sécurité intérieure, pour "sédition".

"On vient d'apprendre hier soir que la DGSI, les services de sécurité au sommet, montaient un dossier contre moi pour sédition" affirme l'élu dans cette vidéo de six minutes intitulée "Mon complot pour sédition", dans laquelle on le voit assis dans sa voiture, alors qu'il est sur le point de commencer une traversée de la France . 
"Je mènerais de manière clandestine un complot contre l'État" poursuit-il, avant d'expliquer: "Des trucs clandestins, je suis infoutu de faire ça, je ne mène aucun complot contre l'État, c'est l'évidence. (...) C'est un indice d'un resserrement autoritaire de la caste."

La justice dément

Or selon les informations du journal Le Monde qui cite une source judiciaire, il n'existe aucune enquête en cours à l'encontre de Français Ruffin, et aucune enquête administrative ne serait menée par la DGSI à son égard.

Mais contacté par le quotidien, François Ruffin maintient ses dires. "Des contacts au sein des services de sécurité ont indiqué qu’un dossier était ouvert à mon nom, que j’étais surveillé pour 'sédition'. Ils ont fourni des informations assez précises qui témoignaient qu’ils avaient bien accès à mes échanges, téléphoniques notamment" certifie le parlementaire LFI.

"Les copains voulaient réagir en mode parano : éloigner les portables, enlever les batteries, se méfier, etc" raconte l'élu de la Somme, qui poursuit: "Je m’y suis refusé. Je ne sais pas faire. Je ne veux pas faire dans la semi-clandestinité. Tout mon travail est public, par choix (...) Mais tout cela m’amuse plutôt. (...) Quand je vais pisser, je fais un live Facebook. Alors, ce n’est franchement pas la peine de me mettre sur écoute ! C’est du gaspillage d’argent public !".

Depuis le début de la crise des gilets jaunes, François Ruffin n'a pas épargné l'exécutif. Début décembre, il s'était rendu devant le palais de l'Elysée pour relayer l'hostilité des gilets jaunes envers Emmanuel Macron. Il l'avait également appelé à démissionner, estimant qu'"il allait terminer comme le président Kennedy" à cause de "son obstination" "Qu'ai-je entendu durant deux jours: 'Il va terminer comme Kennedy'" avait-il alors déclaré à la presse.

Jeanne Bulant