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Gilets jaunes: pour le patron de la DGSI, les manifestants radicaux n'ont pas pris la main sur le mouvement 

Nicolas Lerner, nouveau patron de la DGSI

Nicolas Lerner, nouveau patron de la DGSI - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Dans un entretien au Parisien, Nicolas Lerner, le nouveau patron de la DGSI, revient sur le suivi des éléments radicalisés et violents présents lors des manifestations des gilets jaunes.

Chaque samedi depuis le début du mouvement des gilets jaunes, des éléments violents viennent perturber les manifestations. Et pour prévenir ces violences émanant le plus souvent d'individus radicalisés, c'est la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui est à pied d'oeuvre.

Dans une interview accordée au Parisien, Nicolas Lerner, nouveau patron de la DGSI depuis octobre, explique comment des groupuscules de l’ultragauche ou de l’ultradroite ont profité du mouvement social pour s'infiltrer au sein des rassemblements. Si le rôle de la sécurité intérieure n'est pas de suivre les évolutions générales du mouvement des gilets jaunes, elle opère cependant un suivi sur ce types de groupes d'individus radicalisés.

Pour Nicolas Lerner, le nombre de manifestants "ultra" est d'ailleurs proportionnellement plus important aujourd'hui qu'au début du mouvement, du fait que le nombre de manifestants pacifiques diminue de samedi en samedi.

Une radicalisation de certains profils jusqu'ici inconnus

"Outre leurs propres agissements, ces individus, que je ne confonds pas avec les personnes qui prennent part aux manifestations de manière pacifique, ont par ailleurs contribué à la radicalisation de certains profils qui ne sont pas connus pour leur appartenance à une mouvance ultra", explique-t-il au Parisien.

Pour le patron de la DGSI, dans certaines villes comme Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Caen les manifestants radicaux ont "généré une forme de violence totalement décomplexée et débridée chez des individus qui n’étaient connus ni pour leur appartenance à l’ultragauche, ni à l’ultradroite".

Cet énarque, issu de la même promotion que le président de la République, estime que si les groupes de l'ultradroite et de l'ultragauche n'ont pas réussi à "prendre le leadership" sur le mouvement, ils voient cependant en lui "une opportunité de s’en prendre aux symboles de la République, qui sont leurs cibles habituelles".

Quatre tendances au sein de l'ultradroite

Concernant l'état de l'ultradroite, Nicolas Lerner dresse un tableau très précis. Il dénombre aujourd'hui "quatre tendances principales", qu'il détaille au quotidien:

"Une obédience néo-nazie, antisémite et identitaire déstabilisée par une série de mesures administratives récentes, continue cependant de diffuser son discours de haine. Il y a aussi des groupes néo-populaires ou survivalistes, apparus après la vague d’attentats en France, nourris par le discours complotiste. (...) Troisième courant, les groupes identitaires qui cherchent à se parer d’une apparence de légalité pour investir les champs politiques ou sociétaux - immigration, politique de l’emploi, préférence nationale - comme le Bastion social ou Génération identitaire. Quatrième tendance, les petits groupes de type brigadiste et violent qui peuvent se constituer autour d’une personnalité charismatique", dit-il.

À propos de l'ultragauche, le patron de la sécurité intérieure explique qu'elle a une forte capacité à "faire dégénérer des manifestations mais aussi à conduire des actions de nature plus clandestines". La DGSI suit actuellement 2000 profils de ce type.