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Police-Justice

La justice demande la levée de l'immunité parlementaire de Patrick Balkany

Patrick Balkany est député des hauts-de-Seine depuis 2002.

Patrick Balkany est député des hauts-de-Seine depuis 2002. - Patrick Kovarik - AFP

Les juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon ont demandé la levée de l'immunité parlementaire du député-maire de Levallois-Perret. Patrick Balkany est mis en examen pour "blanchiment de fraude fiscale",  "corruption passive" et "blanchiment de corruption".

L'étau se resserre un peu plus autour de Patrick Balkany. La justice vient de demander la levée de l'immunité parlementaire du député-maire de Levallois-Perret dans le cadre d'une enquête pour "corruption" et "blanchiment de fraude fiscale". Après le parquet national financier, la requête doit passer par le parquet général de Paris puis par la Chancellerie avant d'arriver au Parlement. Ce sera au bureau de l'Assemblée nationale de décider s'il faut lever ou non l'immunité du député UMP.

Dans cette affaire, Patrick Balkany est déjà mis en examen depuis le 21 octobre dernier pour "corruption passive", "blanchiment de corruption" et "blanchiment de fraude fiscale". "Quand on n'a rien à se reprocher, on se sent bien. Maintenant qu'ils fassent leur enquête", avait déclaré l'élu des Hauts-de-Seine après sa mise en cause.

Une propriété à Marrakech

La requête des juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon, qui enquêtent sur un système frauduleux ayant permis à l'un des plus proches amis de Nicolas Sarkozy d'avoir caché des biens et des comptes au fisc, aurait été transmise le 11 février dernier, révèle Le Monde. Les deux magistrats estiment avoir désormais suffisamment d'éléments pour confronter l'homme politique.

Le 8 janvier dernier, les deux juges du pôle financier ont reçu la visite de Jean-Pierre Aubry, l'homme de confiance de Patrick Balkany. Ce dernier avait notamment expliqué ne pas être le propriétaire d'une villa à Marrakech, alors que son nom figure sur les documents officiels. Or, la justice soupçonne depuis longtemps que cette propriété est l'un des biens non déclarés du couple Balkany. Le maire de Levallois-Perret est également suspecté de ne pas avoir déclaré à Bercy une somme de cinq millions de dollars qui se trouverait sur un compte à Singapour, poursuit Le Monde.

D'autres fronts judiciaires

L'affaire ne s'arrête pas là. En mai dernier, Isabelle Balkany a elle-aussi été mise en examen pour "blanchiment de fraude fiscale". Afin de rester libre, la première adjointe de Levallois-Perret avait dû payer une caution de un million d'euros. Lors de sa garde à vue, l'épouse de Patrick Balkany avait reconnu détenir une propriété à Saint-Martin dans les Antilles. Une villa qui n'a jamais figuré sur les feuilles de déclaration du couple. 

La levée de l'immunité parlementaire de Patrick Balkany pourrait aussi permettre d'enquêter à la justice de travailler sur un second front judiciaire. En effet, l'élu UMP est également au centre d'une autre affaire. Le parquet de Nanterre a ouvert une information judiciaire pour déterminer si le maire de Levallois a utilisé à des fins personnelles un chauffeur de la mairie. 

Le dernier rebondissement en date dans ce feuilleton politico-judiciaire remonte au début du mois de février. Une plainte pour "détournement de fonds publics" a été déposée par l'association des contribuables de Levallois-Perret. Cette dernière porte sur un contrat passé entre la ville et la société Bygmalion. 

J.C.